Israël, une société en tensions
On parle beaucoup de ce que font les Israéliens au Proche-Orient, beaucoup moins de qui ils sont. A l’occasion des élections israéliennes du 27 octobre, Le Temps explore les antagonismes méconnus de cette société, sous tension extrême depuis trois ans.
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Yael vient de fêter ses 19 ans. Cette Israélienne au visage poupon et aux cheveux courts a grandi dans la tradition sioniste de gauche du sud de Tel-Aviv. Avec un débit d’hyperactive, elle évoque, depuis le salon d’un haut immeuble en béton, son parcours scolaire dans une «bonne école libérale» de la ville côtière. Yonathan, son frère jumeau, effectue son service militaire dans une unité combattante au Liban. Sur l’écran de son téléphone, ses enfants posent enlacés: lui, en uniforme militaire, elle en civil. «C’est ça, le lycée: jouer les machos, être au front dans l’armée», résume Yifat, attablée aux côtés de sa fille.
Avant de se plaindre ouvertement: «Le niveau éducatif est tellement bas. Mes enfants ont obtenu leur diplôme il y a un an mais ils ne savent rien, rien de rien!» Elle s’emporte: «Il y a encore 10 ans de ça, Israël avait atteint un pic dans le high-tech, les avancées sociétales. Aujourd’hui, quand on voit les transports publics ou les écoles, on a l’impression d’être dans un pays du tiers-monde.»