« Le MAF comble un manque structurel de visibilité pour les artistes femmes contemporaines et émergentes, offrant une plateforme unique et un accès libre à la création. Plus qu’un musée, le MAF est un incubateur de talents, un lieu où les carrières artistiques prennent leur envol et où l’histoire de l’art s’écrit au présent », affirme-t-elle sur le site internet du nouveau musée.
Cette première expo est « pensée comme un acte fondateur et manifeste », explique-t-elle. « Elle ouvre le lieu en affirmant d’emblée une vision artistique fondée sur le dialogue, la pluralité des voix et l’attention portée aux récits intimes », ajoute-t-elle.
Le mot « cellules » est polysémique: il évoque à la fois la structure vivante, la prison, l’atelier, l’intimité, mais aussi l’idée de décloisonnement, de mutation, et de sororité, souligne la directrice, également commissaire de l’exposition. Le terme est donc abordé dans « toute sa richesse symbolique ».
« Cette polysémie fait aussi écho de manière assumée aux ‘Cells’ de Louise Bourgeois (1911-2010), dont l’oeuvre a profondément marqué l’histoire de l’art contemporain par sa capacité à transformer l’enfermement en espace de mémoire, de réparation et de projection émotionnelle », note la commissaire.
L’exposition réunit les douze artistes « visages » du MAF, associées en six duos. Elles explorent ensemble les frontières entre abstraction et figuration dans des langages visuels distincts mais profondément connectés.
Chaque paire d’artistes constitue une « cellule »: un espace de résonance où deux univers se rencontrent, se confrontent ou se soutiennent. « L’exposition agit ainsi comme un organisme vivant, fait de cellules interreliées, où les récits intimes et les esthétiques personnelles coexistent, se répondent et se libèrent », relève encore Marie Bagi. A découvrir jusqu’au 4 juin.