Si l’héroïne a joué un rôle majeur dans les années 80 et 90 en Suisse, son importance a diminué. « Aujourd’hui, le stupéfiant le plus consommé, ça reste le cannabis », explique Stéphane Birrer, chef de la division Analyse criminelle à Fedpol, qui précise qu’en 2025, les saisies de cannabis s’élevaient à 7,5 tonnes, contre une demi-tonne pour la cocaïne et seulement 120 kilos pour l’héroïne.
Quant à la French Connection, elle a été remplacée par des groupes criminels des Balkans, des mafias italiennes comme la’Ndrangheta, des confraternités nigérianes et des groupes turcs, par exemple.
Et quand on demande à Stéphane Birrer si des organisations comme la DZ Mafia ou Yoda, qui défraient la chronique en France, sont présentes chez nous, il nuance: « On ne peut pas dire que ces groupes sont aujourd’hui implantés en Suisse en particulier, mais on voit avec un certain nombre d’individus qui sont en contact, que les liens se renforcent et on mène une vigilance toute particulière à ce sujet ».
Quant à la violence, elle n’a pas encore atteint les niveaux constatés en France, en Belgique ou Pays-Bas, même si elle est bien réelle en Suisse, avec des exemples de meurtres à Yverdon-les-Bains (2018), Grandson (2020) et Genève (2023). « On voit ces dernières années une recrudescence des actes de violence en lien avec le trafic de stupéfiants », alerte Stéphane Birrer dans « Crimes suisses ».
Face à ces menaces, la Suisse a mis en place en décembre 2025 une nouvelle stratégie de lutte contre le crime organisé. L’objectif est d’empêcher l’implantation de ces groupes en renforçant la collaboration intercantonale, en améliorant le partage d’informations et aussi en impliquant les autorités administratives.
Comme le souligne Stéphane Birrer, le crime organisé est « comme l’eau, qui va toujours réussir à se frayer un chemin dans le système ». Le but est donc de « l’empêcher d’aller trop vite » et de s’infiltrer partout dans le pays.