Depuis quinze ans, le festival Groove’N’Move fait entrer les danses urbaines dans les institutions culturelles genevoises. Spectacles, rencontres, stages, conférences et projections de documentaires font découvrir la culture hip-hop au plus grand nombre jusqu’au 15 mars.
Jusqu’au 15 mars 2026, la 16e édition du Groove’N’Move promeut les danses urbaines dans les théâtres genevois, encourageant ainsi le mélange des publics et des cultures. Durant douze jours, trente projets artistiques sont proposés par 150 artistes dans 17 lieux du canton, investissant le territoire de sept communes différentes.
En amenant les danses urbaines dans les musées, l’idée est véritablement de mettre en valeur tout leur potentiel artistique. Au Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH), qui accueillait notamment une soirée de performances dansées le 5 mars, on se réjouit de ce dialogue entre les œuvres et les danseurs et danseuses. « La complicité que l’on entretient avec le festival [permet] de faire vibrer notre patrimoine, notre culture ancestrale, avec une culture contemporaine et vivante », indique David Matthey, médiateur culturel au MAH, dans l’émission Vertigo du 5 mars.
Nouveaux regards sur les oeuvres
Du côté des artistes, se produire dans un musée nécessite une petite dose d’adaptation. « Nous avons l’habitude de jouer dans plein d’espaces différents, (…), de nous adapter à divers lieux et publics. Lorsque nous arrivons dans un nouvel endroit, nous allons [tester] l’acoustique, le sol, ce genre de chose. Nous jouons avec cela pour voir comment cela peut agrémenter notre expression », explique Mwendwa Marchand, venue de Paris avec sa création « Out/side » qui revisite les codes du dancehall avec trois interprètes. Et d’ajouter: « Pour nous, c’est un honneur de pouvoir avoir toujours un nouveau public et des nouveaux regards sur notre œuvre, parce que c’est à travers notre corps que nous allons l’exprimer ».
Depuis 2011, année lors de laquelle le festival a été créé, le panorama a évolué pour les danses urbaines à Genève. « Nous essayons d’ouvrir des plateformes professionnelles pour les danseurs et danseuses, [notamment] avec les différentes institutions avec lesquelles nous travaillons, les théâtres et les musées », conclut Sébastien Boucher, directeur artistique et général du festival Groove’N’Move qu’il a fondé il y a quinze ans.
Propos recueillis par Thierry Sartoretti
Adaptation web: mh
16e édition du Festival Groove’N’Move, Genève, divers lieux, jusqu’au 15 mars 2026.