« Ce ne sont pas soit des victimes, soit des héros, mais des athlètes qui bossent tout au long de l’année. » En direct des Jeux paralympiques de Milan-Cortina, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a fait siens les mots de l’athlète suisse Catherine Debrunner. Au micro de Forum, la socialiste a aussi défendu les valeurs d’une société inclusive.

« Pour le Conseil fédéral, c’est extrêmement important de ne pas se contenter des Jeux olympiques. Les Jeux paralympiques sont véritablement une étape, un rendez-vous attendu. Et pas seulement par les athlètes concernés, mais aussi au niveau politique, parce que c’est le signe d’une société inclusive et d’une reconnaissance du travail de ces sportifs ».

C’est par ce message optimiste que la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a rappelé l’engagement du Conseil fédéral en faveur d’une société plus inclusive, en direct des Jeux paralympiques de Milan-Cortina. « Comme le disait Catherine Debrunner (para-athlète suisse, multiple fois médaillée olympique, ndlr.) à Paris, ces sportifs ne sont pas soit des victimes, soit des héros. Ce sont des athlètes, qui bossent tout au long de l’année », a défendu la socialiste au micro de l’émission Forum samedi.

>> Revoir aussi l’interview d’Elisabeth Baume-Schneider dans le 19h30 : Elisabeth Baume-Schneider, conseillère fédérale: "Les athlètes ont besoin d'une meilleure reconnaissance" Elisabeth Baume-Schneider, conseillère fédérale: « Les athlètes ont besoin d’une meilleure reconnaissance » / Jeux paralympiques Milan-Cortina 2026 / 5 min. / hier à 21:14 « Les sponsors sont moins présents »

La conseillère fédérale reconnait tout de même qu’il reste de nombreux progrès à faire en matière d’inclusion. Rien que pour les para-athlètes, qui ne représentent qu’une petite partie des personnes en situation de handicap, le chemin est semé d’embûche.

« Malheureusement, pour des personnes confrontées à un handicap, le sport élite est encore plus difficile », dénonce Elisabeth Baume-Schneider. « Car il ne faut pas se le cacher: les sponsors sont moins présents, et pas avec les mêmes montants. Alors que l’engagement de ces sportifs, de leur famille, des fédérations, est remarquable ».

La socialiste appelle à « se donner l’élan d’agir véritablement, et pas seulement d’être dans les slogans un jour ou deux par année. L’initiative pour l’inclusion, à laquelle le Conseil fédéral a opposé un contre-projet indirect, est une manière de répondre aux attentes des milieux concernés » (lire encadré).

« Mettre en œuvre la Convention de l’ONU »

Elle estime que, malgré ses défauts, le contre-projet du Conseil fédéral « permet de mettre en œuvre la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. Et en la matière, on a encore des pas significatifs à faire ». Le débat autour de ce contre-projet est désormais entré dans sa phase parlementaire.

« Je crois que ce qui encombre les personnes, indépendamment de la graduation ou de l’intensité de leur handicap, c’est le manque de reconnaissance ou la nécessité de se justifier. Ce que je souhaite au niveau politique, c’est qu’on réfléchisse en termes de dignité et en possibilité d’avoir des réponses adaptées, tout en étant également réalistes », conclut la conseillère fédérale.

Propos recueillis par Thibaut Schaller

Texte web: Julien Furrer