Près de 3000 personnes ont répondu à l’appel du collectif de la Grève féministe Vaud pour manifester « contre les guerres impérialistes » samedi après-midi à Lausanne. La mobilisation s’est tenue à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars.
« Nous sommes ici pour imposer une position claire: nous sommes féministes et (…) contre les guerres impérialistes. Car ce sont toujours les mêmes qui paient le prix: les femmes, les personnes queer, précarisées, racisées ou encore les enfants. » Le slogan a résonné vers la Cathédrale, où manifestantes et manifestants avaient rendez-vous dès 14h30.
La foule mobilisée à Lausanne sous la bannière « Féministes contre les guerres impérialistes ». [KEYSTONE – VALENTIN FLAURAUD]
Peu à peu, l’esplanade a pris des couleurs et accueilli discours et slogans chantés. Tour à tour, membres de différents collectifs – unis dans le cadre d’une convergence des luttes revendiquée – ont pris la parole pour scander leurs protestations, leurs revendications et leur vision.
Une vision, justement, « féministe, écologiste, sociale, antimilitariste, anticoloniale et internationaliste. » « En Suisse, la guerre n’est pas une abstraction lointaine, a déclaré une manifestante. Alors que les autorités invoquent l’austérité pour couper dans les budgets, les dépenses militaires explosent. »
« Pas de féminisme sans anti-militarisme »
« Nous refusons ce choix politique et ce monde où l’argent public sert à préparer la guerre plutôt que de garantir des vies dignes », a-t-elle poursuivi. Et pour plusieurs de réaffirmer leur solidarité « envers tous les peuples qui résistent », à l’image de la population en Iran qui s’est révoltée contre le régime des mollahs, du Rojava, du peuple palestinien ou encore des Ukrainiens et Ukrainiennes, tous cités.
Iran, Palestine, Rojava, Ukraine, les soutiens étaient nombreux envers « tous les peuples qui résistent ». [KEYSTONE – VALENTIN FLAURAUD]
“Pas de féminisme sans anti-militarisme. Pas de paix sans justice sociale », s’est encore exclamée une affiliée au collectif. A cet égard, les revendications criées sont nombreuses: davantage de moyens pour les soins, les services publics et la prévention contre les violences sexistes et sexuelles, davantage de places en crèches ou encore la fin des politiques d’austérité.
Marche colorée
Les prises de paroles ont été applaudies et appuyées par des slogans, qui ont lancé la deuxième partie de la mobilisation. Le cortège teinté de violet est parti peu avant 15h40 en direction du Pont Bessières. Il a rejoint Saint-François avant de terminer sa course vers 17h00 à l’Esplanade de Montbenon.
Pancartes colorées, musiques et slogans féministes ont rythmé la mobilisation, qui a, selon un décompte de Keystone-ATS, rassemblé plus de 3000 personnes, 1200 selon la police municipale lausannoise.
« Ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquête », « Sous les paillettes, la rage », « Quand je serai grande, j’aurai un salaire d’homme » ou encore « On ne naît pas femme, on en meurt », pouvait-on lire dans la foule.
Des manifestantes et leur panneaux lors de la mobilisation féministe ce samedi 7 mars à Lausanne. [KEYSTONE – VALENTIN FLAURAUD] D’autres mobilisations ce week-end
A Zurich aussi, près d’un millier de femmes ont manifesté à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, parfois adoptée comme « Journée internationale des luttes féministes » par ces milieux politiques. De nombreux dégâts ont été annoncés par la police le long du cortège, qui n’avait pas été autorisé, mais seulement toléré sous condition. D’autres manifestations ont également lieu dimanche.
Ce sera par exemple le cas à Genève, où un rassemblement doit avoir lieu à la plaine de Plainpalais. Le collectif de la Grève féministe et des organisations alliées appellent à résister à l’attaque systématique des droits acquis de longue lutte, comme le droit à l’avortement, de la part de l’extrême droite et des réseaux masculinistes.
Et de rappeler que cinq féminicides ont déjà été perpétrés en Suisse depuis le début de l’année. Au bout du lac, l’événement doit se terminer par un « feu de rage » destiné à « brûler » le patriarcat.
ats/kkub