Dans une interview à la SonntagsZeitung, le ministre suisse de la Défense Martin Pfister critique les Etats belligérants dans la guerre au Moyen-Orient. Selon lui, l’Europe pourrait être entraînée dans la guerre, et la Suisse ne serait pas à l’abri d’attentats sur son sol.

« Les Américains et Israël ont attaqué l’Iran par les airs, violant ainsi le droit international, tout comme l’Iran », déclare sans autres précisions le ministre suisse de la Défense Martin Pfister au journal dominical.

Il n’est pas exclu que l’Europe soit entraînée dans la guerre, ajoute le conseiller fédéral centriste dans un entretien diffusé dimanche par la SonntagsZeitung. « Le danger ne se limite pas à une confrontation militaire classique, mais s’étend également à une guerre asymétrique sous forme d’attaques terroristes ».

Un risque sur notre sol

Et « il existe un risque d’attentats terroristes en Suisse. De plus, la guerre pourrait déclencher une vague de réfugiés, qui nous impactera », poursuit Martin Pfister. Si la Suisse n’est pas directement menacée par les missiles iraniens à longue portée, des dommages collatéraux sont possibles, ajoute-t-il.

Une guerre asymétrique sous forme d’attaques terroristes

Martin Pfister, Conseiller fédéral à la Défense

Le ministre préconise d’envisager la sécurité de manière globale et pas uniquement sous l’angle militaire. Outre l’armée, la police et les services de renseignement jouent aussi un rôle important, selon lui. Et il réitère: « Je pense que la population comprendra que nous avons besoin de moyens supplémentaires pour cela ».

Un système de défense

L’absence de systèmes de défense en cas de guerre est particulièrement préoccupante, remarque le centriste zougois. « Nous ne disposons actuellement d’aucun moyen pour nous défendre contre des attaques à longue distance », relève-t-il à nouveau.

De nouvelles structures ont, certes, été mises en place par l’Office fédéral de l’armement (armasuisse) et l’armée, comme le centre de compétences dédié aux drones et à la robotique et le groupe de travail qui collabore avec des scientifiques et des entreprises, ajoute Martin Pfister, mais la menace aurait, selon lui, été sous-estimée au cours des dernières décennies.

ats/lbl