Les communes du canton de Vaud renouvellent dimanche l’ensemble de leur personnel politique. Dans plusieurs villes, la gauche cherchera à préserver ses majorités à la Municipalité face à des listes communes de droite. Cette dernière pourrait regagner du terrain à Lausanne et Yverdon, tandis qu’à Nyon, une page se tourne avec le départ de Daniel Rossellat.

Lausanne

A Lausanne, l’alliance de gauche détient depuis vingt ans l’écrasante majorité de six sièges (trois socialistes, deux écologistes et un POP) sur sept à la Municipalité, qu’elle entend bien conserver. Mais la capitale vaudoise a vécu des dernières années plutôt animées, et plusieurs dossiers sensibles pourraient fragiliser cette hégémonie. De nombreux chantiers d’envergure (tram, gare, Riponne) ont souvent perturbé la mobilité au centre-ville, tandis que la gestion du local d’injection de la Riponne a cristallisé certaines tensions, en particulier du côté des commerçants. Enfin, les critiques des violences policières et l’affaire des groupes WhatsApp ont secoué la police et l’exécutif communal.

Deux sièges sont laissés vacants par la gauche à la Municipalité: ceux de Florence Germond (PS) et David Payot (POP). Pour les conserver, le PS mise sur Julien Eggenberger, vice-président de son groupe au Grand Conseil vaudois, tandis que le Parti ouvrier populaire (POP) mise sur un seul candidat, Xavier Roth. Nouvelle tête en politique, il est principalement connu pour son engagement associatif dans le chef-lieu vaudois.

À droite, le sortant Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) devrait aisément conserver son siège. Mais son parti espère en décrocher un second, voire un troisième avec les candidatures des conseillères communales Marlène Bérard et Mathilde Maillard. Pour cela, il a misé sur une campagne axée sur les baisses d’impôts, la sécurité et les places de parking.

Les autres candidats et candidates ne devraient faire que de la figuration. Leur objectif est surtout de tirer leur liste au Conseil communal. L’UDC présente trois candidats: Valentin Christe, Fabrice Moscheni et Patrizia Mori. Les Vert’libéraux et le Centre s’allient en lançant respectivement Virginie Cavalli et Serge de Ribaupierre. Enfin, Ensemble à Gauche (hors POP) propose un ticket à cinq: Franziska Meinherz, Johann Dupuis, Léonie Kovaliv, Julien Nagel et Guillaume Matthey.

Au Conseil communal, 393 candidatures ont été déposées pour décrocher les 100 sièges en jeu. La gauche y est également majoritaire avec 29 sièges pour le PS et 24 pour Les Vert-e-s. La gauche radicale en détient également 13. La droite est minoritaire avec 21 sièges PLR et sept UDC. Au centre, les Vert’libéraux comptent six sièges.

Yverdon-les-Bains

Si Lausanne a vécu des années compliquées, que dire d’Yverdon-les-Bains? Le principal enjeu y sera la succession du co-syndic Pierre Dessemontet après neuf ans passés à la Municipalité. Le socialiste, mis sous protection policière durant la dernière campagne en octobre 2024 en raison de la brutalisation du débat politique, dit « ne plus s’y retrouver ». La cité thermale a également vécu son lot de polémiques, entre deal de rue, parking souterrain ou platane menacé qui provoqué une rupture de la collégialité. Le procès entre le populiste de droite Ruben Ramchurn, électron libre depuis son exclusion de l’UDC, et la municipale Brenda Tuosto (PS) a aussi fait couler beaucoup d’encre.

La Municipalité compte aujourd’hui cinq élues et élus de gauche (3 PS et 2 Vert-e-s) et deux PLR. Tous et toutes se représentent, à l’exception de Pierre Dessemontet. Pour défendre son siège, le Parti socialiste compte sur sa conseillère communale Majda L’Mati. En face, pour tenter de regagner du terrain, voire de renverser la majorité rose-verte, l’Entente yverdonnoise de droite (PLR, UDC et PVL) mise sur cinq candidatures.

Enfin, la liste de gauche radicale Solidarité & Ecologie présente deux candidatures, dont celle de la députée Mathilde Marendaz, tandis que l’ex-UDC Roland Villard se présente également sur la liste indépendante « La voix du peuple » avec, entre autres, Ruben Ramchurn.

Vevey

La gauche jouera également en défense à Vevey, où elle détient cinq sièges sur sept au sein d’une Municipalité où tous les membres briguent un nouveau mandat. Mais affaibli par une maladie chronique, une législature riche en dossiers épineux, une rupture de collégialité et une personnalité critiquée, le syndic Yvan Luccarini pourrait perdre des plumes. Il est contesté y compris au sein de son propre camp et pourrait pâtir de la candidature de sa collègue de parti Elodie Lopez, députée très active et appréciée au Grand Conseil vaudois au-delà des rangs de la gauche radicale.

Les autres sortantes et sortants sont favoris à leur réélection, à gauche comme à droite. L’alliance rose-verte présente un ticket à quatre. Soutenu par les Vert’libéraux, Le Centre ne présente qu’un seul candidat, le sortant Vincent Imhof, tandis que « Vevey Libre » (centriste) part avec un ticket à deux, dont également le sortant Pascal Molliat.

En face, le PLR présente toutefois trois candidatures pour tenter de reconquérir un siège perdu en 2020.

Nyon

C’est la fin d’une ère qui se dessine dans la commune de Nyon, avec le départ de Daniel Rossellat après 18 ans de syndicature non-partisane. Son positionnement, élu avec le soutien de la gauche mais souvent classé à droite sur les questions économiques, lui permettait de jouer un rôle de modérateur. Sa succession ouvre donc une période d’incertitude politique pour la 4e ville du canton. Les principaux prétendants devraient émerger parmi les élus sortants.

Cinq municipaux sur sept (2 PS, 1 Vert et 2 PLR) briguent un nouveau mandat et devraient donc participer à cette bataille interne. Par ailleurs, avec le départ de Claude Uldry, ce sont deux indépendants qui laissent l’espace soit à la gauche pour accroître sa courte majorité, soit à la droite pour s’emparer d’une grande ville vaudoise. La Municipalité de Nyon pourrait donc revenir à une politique plus traditionnellement partisane, alors que se profilent quelques gros dossiers (mobilité, dette, modernisation de la STEP de l’Asse, parking souterrain du Perdtemps).

Dans le détail, les Vert’libéraux espèrent reprendre un siège perdu en 2021 en présentant une candidate (Nina Eggert) sous l’étiquette de l’Alliance « Le Centre-Droit Nyon ». L’UDC y présente aussi une candidature (Sacha Soldini) aux côtés d’un Indépendant et de deux sortant et sortante PLR. À l’autre extrémité du spectre, Ensemble à Gauche présente deux candidats qui pourraient faire un peu d’ombre au ticket à cinq de la Plateforme rose-verte.

Morges

Dans la seule grande ville du canton dominée actuellement par le centre-droit, certaines cartes pourraient être en rebattues alors que trois sortants (1 PLR et 2 PS) sur sept ne se représentent pas. Pour conserver sa majorité, l’alliance du centre et de la droite, qui rassemble de l’UDC aux Vert’libéraux en passant par l’Entente morgienne, présente une liste de six personnes, dont la syndique sortante Mélanie Wyss.

À gauche, le Parti socialiste, Les Vert-e-s et le POP font aussi front commun avec une liste de cinq candidatures portée par la sortante Laure Jaton. Enfin, le sortant indépendant Laurent Pellegrino se représente également.

Montreux

L’exécutif montreusien, actuellement dominé par l’alliance rose-verte (cinq sièges, contre deux sièges PLR) sera quant à lui majoritairement rebattu, avec quatre sortantes et sortants sur le départ. La majorité de gauche tentera de rester en position de force avec une liste à cinq portée par les trois seuls sortants qui briguent un nouveau mandat, dont le syndic Olivier Gfeller. Ensemble à Gauche présente aussi une candidature sous la bannière de « décroissance alternatives ».

Pour tenter de reprendre du terrain, la droite peut miser sur l’arrivée sur la scène montreusienne des Vert’libéraux, qui présentent un candidat. Le PLR soumet un ticket à quatre et l’UDC présente deux candidats. La nouvelle formation « Tellement Montreux », portée par l’ex-PLR Yves Depallens, brigue aussi un siège, pour un total de sept candidatures de droite et de centre-droit.

Pierrik Jordan avec le bureau vaudois RTS Info