Une nette majorité de l’électorat genevois a accepté dimanche d’exclure les jobs d’été du salaire minimum, selon des résultats anticipés. Pour la droite et le patronat, la baisse d’un quart de la rémunération minimale pour les étudiants doit permettre d’enrayer la diminution de ce type d’emplois, jugés trop coûteux.

La Loi modifiant la loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT) a été acceptée par 61,15% des Genevoises et des Genevois, selon les résultats basés sur le vote par correspondance. Cette proposition autorise les employeurs à réduire la rémunération des étudiants à 75% du salaire minimum obligatoire au maximum 60 jours par année civile.

L’introduction du salaire minimum en 2020 a eu pour effet une disparition progressive des jobs pendant les vacances, estimait le Conseil d’Etat et la droite, se fondant sur un sondage de la Fédération des entreprises romandes Genève.

Pour inverser cette tendance, la majorité de droite au Grand Conseil avait voté une exception au salaire minimum, inspirée d’une disposition neuchâteloise. Le projet était assorti du référendum obligatoire afin de permettre son entrée en vigueur le plus rapidement possible.

Précarité estudiantine

A Genève, le salaire minimum se monte cette année à 24,59 francs, mais la loi prévoit déjà des exceptions pour les contrats d’apprentissage, de stage ou encore de travail pour les jeunes de moins de 18 ans. En outre, des salaires plus bas existent pour les périodes de vacances scolaires ou académiques dans des secteurs conventionnés.

La droite et le gouvernement estimaient qu’une baisse de 25% du salaire minimum obligatoire, ce qui le porterait à 18,44 francs l’heure, répond aux besoins ponctuels des employeurs d’engager des étudiants pendant les vacances. Avec plus de jobs d’été à disposition, les jeunes en formation pourront gagner un revenu et acquérir une première expérience professionnelle, avançaient-ils.

La gauche et les syndicats s’opposaient à cet affaiblissement du salaire minimum. Selon eux, la baisse du nombre de jobs d’été n’est pas établie. Ils soulignaient que la modification de la loi accentuera la précarité des étudiants pour qui ces emplois sont nécessaires au financement de leurs études. Une telle réduction du salaire horaire équivaut à une perte de 1000 francs par mois, avaient-ils calculé.

ats/dk