Initiative SSR

Des microphones posés sur une table dans un studio temporaire de la SSR.

Keystone / Peter Klaunzer

La réduction de la redevance radio-TV voulue par l’initiative «200 francs, ça suffit!», soumise en votation ce dimanche, serait refusée par plus de 60% de l’électorat, d’après une projection à la mi-journée.

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08 mars 2026 – 13:32

Je rédige des articles originaux et approfondis, basés sur des données, en utilisant mes compétences en matière d’analyse et de visualisation des données. Je couvre un large éventail de sujets, parmi lesquels la place de la Suisse dans le commerce mondial, le changement climatique et la démographie.
Née et élevée en France, j’ai étudié les relations internationales à Lyon, puis j’ai été diplômée de l’école de journalisme de Lille en 2011. Installée en Suisse depuis 2012, j’ai travaillé à la RTS pendant huit ans avant de rejoindre SWI swissinfo.ch en 2020.


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Die SRG-Initiative steuert auf ein deutliches Nein zu

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Selon la première projection de l’institut gfs.bern, la part de non à l’initiative populaire «200 francs, ça suffit!» s’élèverait à 62%, avec une marge d’erreur de +/- 3 points de pourcentage.

Aussi plus simplement désigné comme l’initiative SSR (du nom du groupe audiovisuel public suisse – maison-mère, entre autres, de Swissinfo), le texte voulait abaisser de 335 à 200 francs la redevance radio-TV. Un projet du Conseil fédéral la fera tout de même passer à 300 francs d’ici 2029.

Un résultat plus net qu’attendu

Le résultat de ce dimanche de votation devrait donc être encore plus clair que prévu: lors de son dernier sondage, gfs.bern disait s’attendre à un rejet de l’initiative mais restait prudent. À une dizaine de jours du scrutin, 54% de l’électorat s’y opposait. Seuls 2% des personnes interrogées ne s’étaient pas encore forgé une opinion.

Selon de premiers résultats partiels, tous les cantons rejettent le texte. Le refus se monte à près de 64% à Genève, plus de 60% à Fribourg, près de 57% en Valais et 65% à Neuchâtel et à plus de 58% à Zurich. Les deux Bâle, Lucerne, Saint-Gall, les Grisons, l’Argovie et le Tessin disent aussi non. Schwyz, qui acceptait le texte dans un premier temps, le refuserait désormais de justesse.

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Pas la première attaque contre la redevance

Actuellement, la redevance perçue par la Confédération pour financer les médias de service public s’élève à 335 francs par an et par ménage et nettement plus pour les entreprises, qui contribuent selon leur chiffre d’affaires.

La collecte de la redevance est assurée par l’entreprise Serafe. Au total, environ 1,4 milliard de francs sont perçus, dont près de 90% (1,3 milliard) vont à la SSR. Cette contribution représente plus de 82% du budget de l’entreprise.

L’initiative voulait abaisser le montant de la redevance à 200 francs pour les ménages et en exempter totalement les entreprises.

Le texte prévoyait un plafonnement des recettes totales issues de la redevance. La part relative de chaque région linguistique dans le partage des recettes, ainsi que la part de la redevance perçue par les médias privés, seraient en revanche restées inchangées.

Outre la SSR, la redevance contribue en effet à financer près d’une quarantaine de chaînes locales ou encore l’agence de presse Keystone-ATS; un montant total de 86 millions de francs leur est alloué pour leur mandat de service public.

Cette initiative est la deuxième tentative récente de réduire le financement de la SSR. La première était l’initiative «No Billag», soumise au vote en 2018 et rejetée à près de 72%, qui réclamait la suppression pure et simple de la redevance audiovisuelle.

Avant ce rejet dans les urnes, quatre autres textes anti-redevance avaient échoué. Les adversaires de la taxe ont failli gagner une seule fois, le 14 juin 2015. Ce jour-là, le peuple a accepté de justesse (50,08%) la révision de la loi sur la radio et la TV généralisant la redevance.

>> Lire notre article expliquant les enjeux de la votation : 

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Recentrer la SSR sur son mandat de base

L’initiative «200 francs, ça suffit!» émane des mêmes milieux que «No Billag». Le texte a été porté par un comité de représentants de l’UDC (Union démocratique du centre), de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et des Jeunes libéraux-radicaux.

Leurs motivations étaient à la fois économiques et politiques. Durant la campagne, le camp du ouiLien externe a fait valoir que sa proposition permettrait de soulager financièrement les ménages, en particulier les jeunes qui, selon son argumentaire, consomment peu les offres de la SSR et disposent de moyens limités.

Les entreprises auraient aussi été libérées de ce qu’il qualifie de «double imposition injuste». Dimanche, une fois le résultat de la votation connu, le directeur de l’USAM Urs Furrer a annoncé à la télévision alémanique SRF son intention de continuer à s’engager pour abolir la redevance pour les entreprises, sans toutefois préciser de quelle manière.

Les initiants soulignent que la redevance suisse est la plus élevée en comparaison européenne. Ils accusent par ailleurs régulièrement la SSR d’être biaisée et plaident pour qu’elle se recentre sur le cœur de son mandat. Pour eux, l’entreprise publique de médias dépasse le cadre de sa mission de service public dès lors qu’elle élargit son offre en ligne ou propose des émissions de divertissement qui pourraient être proposées par ses concurrents privés, par exemple.

>> Revoir notre débat filmé Let’s talk consacré à l’initiative SSR:

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Moins d’argent pour le service public, un risque pour la Suisse?

Les adversaires de l’initiativeLien externe, au rang desquels figuraient entre autres le Conseil fédéral et le Parlement, mais aussi tous les autres grands partis à l’exception de l’UDC, ont quant à eux fait valoir qu’une telle réduction des recettes de la SSR fragiliserait non seulement la qualité de l’offre médiatique suisse, mais aussi le système démocratique et la cohésion du pays.

Pour les opposants, affaiblir la radio et la télévision publiques serait une erreur dans un contexte géopolitique mondial instable, marqué notamment par la guerre hybride et l’exposition aux fausses informations. Ils soulignent que la SSR garantit une offre médiatique indépendante et de qualité, y compris dans les régions périphériques.

Dimanche, le conseiller national PLR genevois Cyril Aellen, interrogé par la RTS, a salué le refus de l’initiative. «La population est attachée à son média public» et «considère que son média public fait un travail de qualité», a-t-il estimé.

«C’est un renouvellement de la confiance à l’égard de la SSR, mais c’est aussi une exigence qui est demandée. Les choses vont aller dans ce sens-là avec le contre-projet indirect qui a été proposé par le Conseil fédéral», selon lui.

>> Voir son interview à la RTS:

Le contre-projet du gouvernement réduira aussi la redevance

Le Conseil fédéral a en effet adopté un contre-projetLien externe qui réduira malgré tout lui aussi le montant de la redevance, suite au rejet de l’initiative: la facture par ménage privé passera à 312 francs en 2027, puis à 300 francs en 2029. 

Il a aussi revu à la hausse le chiffre d’affaires permettant une exonération pour les entreprises, de 500’000 francs à 1,2 million. Ainsi, dès 2027, environ 8 entreprises sur 10 soumises à la TVA ne devraient plus payer la redevance.

Interrogé par la SRF à l’issue du vote, le conseiller national UDC zurichois Thomas Matter a estimé que cette réduction de 35 francs de la redevance décidée par le gouvernement avait coupé l’herbe sous le pied à l’initiative et constituait un petit succès partiel.

Le Conseil fédéral a également décidé de revoir le mandat de la SSR. Celle-ci devra se concentrer sur l’information, la culture et la formation. En outre, elle devra proposer avant tout des programmes de divertissement et de sport que les médias privés ne couvrent pas, et son offre en ligne devra se concentrer davantage sur les contenus audiovisuels.

L’entreprise a déjà commencé à mettre en oeuvre des mesures d’économies et a annoncé la suppression de 900 postes à temps plein d’ici 2029.

Les Suisses de l’étranger plus opposés à l’initiative

Lors du dernier sondage mené par gfs.bern il y a dix jours, l’initiative trouvait du soutien presque exclusivement parmi les sympathisants de l’UDC. L’électorat des autres formations se déclarait contre la réduction de la redevance, même si le rejet le plus net émanait des personnes se situant à gauche de l’échiquier politique.

Le non était en progression dans toutes les couches de la population, mais gfs.bern observait une différence notable entre les genres. Le non l’emportait largement chez les femmes, alors que les hommes étaient plus divisés. Les Suisses de l’étranger – qui ne sont pas assujettis à la redevance – étaient plus opposés à l’initiative que leurs compatriotes vivant dans le pays.

Relu et vérifié par Samuel Jaberg

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