Des milliers de femmes sont descendues dans la rue, samedi et dimanche, en Suisse, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars. L’occasion de mettre en avant des luttes diverses.
“Pas de féminisme sans anti-militarisme et pas de paix sans justice sociale », s’est exclamée, samedi, à Lausanne, une affiliée au collectif de la Grève féministe Vaud. Les manifestantes ont réclamé l’avènement d’un autre monde, plus féministe, plus social, plus antimilitariste, plus anticolonialiste et internationaliste.
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Concrètement, elles ont demandé davantage de moyens pour les soins, pour les services publics et en faveur de la prévention contre les violences sexistes et sexuelles. Les femmes de Lausanne ont également exigé plus de crèches ainsi que la fin des politiques d’austérité et de l’explosion des dépenses militaires.
Iran, Palestine, Rojava, Ukraine, les soutiens étaient nombreux à Lausanne envers « tous les peuples qui résistent ». [KEYSTONE – VALENTIN FLAURAUD]
Samedi a aussi été le jour choisi par les militantes de Zurich pour faire valoir leurs droits. L’événement n’était pas autorisé. Des femmes cagoulées ont tendu des cordes sur la Paradeplatz, empêchant la circulation des trams. Quelques abribus et vitrines ont été tagués et la police a brièvement fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes.
Hommes zurichois priés d’aller voir ailleurs
Pratiquement aucun homme n’était visible dans le cortège zurichois. Les hommes hétérosexuels avaient reçu comme consigne de s’abstenir de participer à la manifestation. Côté femmes, en revanche, la diversité était bien présente, avec de nombreuses représentantes iraniennes, kurdes et des mouvements pro-palestiniens.
Le cortège des militantes zurichoises, le samedi 7 mars. [KEYSTONE – GAETAN BALLY]
A Berne, dimanche, les quelque 1000 manifestantes ont tenu à faire barrage à la violence patriarcale, au fascisme et au basculement de la société à droite. Elles ont aussi dénoncé les banques et le sexisme. A Bâle, elles étaient également un millier dans la rue à demander que l’on respecte leur corps et leur vie. La manifestation, non autorisée, s’est déroulée pacifiquement.
La Suisse a recensé l’année dernière 29 féminicides. Et cette année, ce sont déjà cinq femmes qui ont été tuées. Un rassemblement a eu lieu à Genève sur la plaine de Plainpalais pour rappeler cette violence dont les femmes sont victimes et dénoncé les attaques continuelles visant leurs droits.
Origine pendant la révolution russe
Le choix du 8 mars pour défendre les droits des femmes remonte à la révolution russe. En pleine guerre, le 23 février 1917, soit le 8 mars selon le calendrier géorgien, « des femmes ont défilé pour le suffrage, le pain et la paix ». Cette journée a ensuite été célébrée en URSS, puis dans les pays devenus socialistes après 1945.
L’ONU a officialisé « la journée internationale des femmes » en 1977. Les mouvements féministes en Occident s’étaient emparés de cette journée dans les années septante.
ats/kkub