
Ce samedi 7 mars, Fabrice Luchini était l’invité d’Augustin Trapenard dans l’émission Variétés sur RTL. L’occasion pour le comédien de pousser un coup de gueule aussi drôle que passionné contre les journalistes et les politiques.
Difficile de prêcher la langue française quand on est entouré de facilités langagières… Ce samedi 7 mars, Fabrice Luchini était invité pour faire la promotion du film de Pascal Bonitzer, Victor comme tout le monde. Au micro de RTL, l’acteur de 74 ans a vite déraillé sur son sujet obsessionnel : les tics de langage. «La langue est vivante, donc elle change», reconnaît-il d’abord, avant d’ajouter : «Mais ce que je déteste, c’est la réduction incarnée par ces tics immondes. » L’exemple qui le fait bondir ? Une formule devenue courante : «Non mais l’émission, c’était ‘juste incroyable’. Le ‘juste incroyable’, j’ai envie de les étrangler », lance-t-il, mi-amusé mi-agacé.
Autre expression qui lui hérisse le poil : le célèbre «pas de souci» servi à tout bout de champ. Avec son sens de la mise en scène, l’acteur imagine une situation du quotidien : «C’est comme quand tu demandes un diabolo menthe et que t’entends ‘pas de souci’. On imagine bien que le mec ne va pas être plongé dans Kierkegaard ou Jean-Paul Sartre. Donc pourquoi ‘pas de souci’ ?», martèle-t-il, hilare. Augustin Trapenard, plié de rire, laisse filer cette charge où l’acteur transforme une commande banale en plaidoyer sartrien. Dans son viseur figure aussi une autre expression très répandue dans les discours politiques et professionnels : le fameux «mais pas que».
Fabrice Luchini, un amoureux des mots à l’image de son rôle dans Victor comme tout le monde
Derrière ces emportements se cache surtout un immense amoureux de littérature. Une passion qui fait écho au rôle qu’il incarne dans Victor comme tout le monde, le nouveau film de Pascal Bonitzer, attendu en salles le 11 mars. Fabrice Luchini y prête ses traits à Robert Zucchini, un comédien habité par l’œuvre de Victor Hugo, qui remplit les salles grâce à sa ferveur pour la littérature mais cache une certaine mélancolie une fois les projecteurs éteints, comme l’indique AlloCiné. Un rôle presque taillé sur mesure pour l’époux d’Emmanuelle, car derrière ses coups de gueule savoureux contre les tics de langage se dessine avant tout un passionné des mots, convaincu que la langue mérite d’être défendue avec autant de fougue que d’ironie.
Article écrit en collaboration avec 6Medias.