Evacuation de la Place fédérale, conditions de la « nasse » policière, nombre de blessés: de nombreuses contradictions persistent sur le déroulement de la manifestation qui a dégénéré à Berne samedi soir. Pour faire la lumière sur cette affaire, la RTS a recueilli des témoignages de personnes présentes sur place.
Une vingtaine de personnes ont partagé leur expérience, principalement de gens encerclés par la police. Plusieurs tranches d’âges et milieux sont représentés, avec en majorité des jeunes et des étudiants. Ils ont fait le récit de cette journée de manifestation.
>> Lire aussi : Des blessés et des « millions » de dégâts après les affrontements en marge de la manifestation à Berne
Premiers affrontements
Le cortège a démarré calmement samedi, avant que n’éclatent les premiers affrontements près de la Place fédérale. La police affirme que des manifestants ont tenté de forcer un barrage sur l’Amthausgasse, une ruelle située à côté du Palais fédéral.
Dans un communiqué, plusieurs collectifs indiquent que « le cortège voulait continuer dans cette direction ». Sur les réseaux sociaux, une vidéo prise au drone montre un grand groupe de personnes vêtues de noir avec des parapluies et entourés d’une banderole se grouper et marcher en direction du barrage de police. Certains avaient des engins pyrotechniques en main.
Provocation ou réelle tentative de passage en force? Difficile à dire, mais la police a riposté immédiatement avec des canons à eau et le groupe est revenu plusieurs fois.
Nasse policière
Le cortège s’est alors retrouvé sur la Place fédérale. Dimanche dans l’émission Forum, le responsable de la sécurité de la ville de Berne Alec von Graffenried a affirmé que les manifestants ne voulaient pas rester sur la place. Or, une vidéo envoyée par l’un des témoins montre que si la police a d’abord annoncé par haut-parleurs que les manifestants pouvaient rester, c’est elle qui leur a ensuite demandé de partir vers la gare.
>> Voir l’interview d’Alec von Graffenried dans Forum dimanche dernier :
Importants dégâts en ville de Berne après des heurts en marge de la manifestation pro-Palestine: interview d’Alec von Graffenried / Forum / 5 min. / le 12 octobre 2025
C’est à ce moment-là que les manifestants se sont retrouvés dans la nasse policière [technique d’encerclement de manifestants sans leur laisser de possibilité d’en sortir et dont la légalité fait l’objet de controverses, ndlr]. De nombreuses personnes ont expliqué s’être senties « piégées » en arrivant dans la Schauplatzgasse, ruelle qui mène à la gare. La police avait en effet demandé d’emprunter la Spitalgasse via la Bärenplatz, une rue parallèle. Mais dans le chaos, beaucoup indiquent ne pas avoir bien entendu ou bien compris la consigne.
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La nasse policière a duré plusieurs heures, dans des conditions dénoncées par plusieurs manifestants. Mais là encore, les versions s’opposent. Les autorités assurent avoir fourni eau, nourriture et toilettes. Selon les manifestants, l’eau aurait été distribuée après plusieurs heures, et pas à tout le monde. L’accès à un WC de chantier aurait d’abord été bloqué, forçant les gens à faire leurs besoins en pleine rue. Quant à la nourriture – des barres de céréales – elle n’a été donnée que bien plus tard, au poste de police, affirment les participants.
>> Voir aussi l’interview de Lou Schärer-Charbonnel, l’un des manifestants, dimanche dans Forum :
Des centaines de manifestants pro-palestiniens retenus dans le froid par la police bernoise: interview de Lou Schärer-Charbonnel / Forum / 6 min. / le 12 octobre 2025 Nombre de blessés
Tous les témoins interrogés décrivent les interpellations qui ont suivi ces heures d’attente de la même façon: un contrôle d’identité, une fouille, puis un transfert en camionnette au poste. Les gens disent avoir été menottés, ce que la police n’a pas précisé. Autre contradiction: la police affirme avoir informé les gens sur la procédure. Les témoins, eux, disent être restés sans aucune information.
Enfin, le nombre de blessés fait également débat. Dimanche, on parlait de deux personnes blessées, selon un premier bilan de la police. Aujourd’hui, les collectifs de manifestants avancent le chiffre de 326 blessés. Ni la police, ni les collectifs n’ont détaillé la gravité des blessures.
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Célia Bertholet/edel