Il avait déjà en tête de fonder Ailia avant d’être mis à la porte de Casino. Parce qu’il est atteint, depuis la naissance, d’une maladie neuromusculaire qui affecte tout son système nerveux périphérique, il rêvait d’un outil qui l’aiderait à mieux vivre avec des appareillages orthopédiques. Les orthèses qu’il a dû enfiler après ses 25 ans étaient mal ajustées et lui donnaient l’impression de « porter, aux pieds, des chaussures de ski. »

Aider les médecins, ergothérapeutes

Aidé de l’intelligence artificielle, cet ancien chef de projet digital avait imaginé cette solution, à l’origine, pour guider les professionnels de santé dans la prescription de l’appareil orthopédique le plus adapté au patient. Aujourd’hui, il a toujours dans l’idée d’accompagner les professionnels de santé mais également dans leur prescription de fauteuils roulants électriques, dont la prise en charge est désormais assurée à 100 % par l’Assurance maladie. « Une avancée majeure mais il faut que les dossiers soient suffisamment bien argumentés pour répondre aux nouvelles exigences de l’Assurance maladie », précise Sylvain.

Avant cette prise en charge financière, les usagers doivent obtenir une prescription, selon la catégorie du fauteuil, de leur médecin, ergothérapeute ou d’une équipe pluridisciplinaire, et faire le choix d’un modèle parmi quatre présentés. « Le patient en teste un pendant sept jours. Si le test est positif, le revendeur se charge alors d’envoyer le dossier rempli à l’Assurance maladie. C’est là que mon outil devient pertinent. Avec lui, l’évaluation et la justification sont solides dès le départ. Grâce à toutes les données rentrées dans Ailia, l’IA produit un rapport indiquant le fauteuil le plus adapté aux caractéristiques présenté par l’usager. Tout est renseigné, le poids, la taille, la longueur de ses cuisses, de ses pieds, la largeur de son bassin. » Des mesures qui ne sont pas toujours réalisées.

« Il a un fauteuil qui n’est pas confortable »

« Un des utilisateurs de Ailia en sait quelque chose » ajoute Sylvain. « Il a un fauteuil qui n’est pas du tout adapté à sa morphologie et à ses besoins. Lorsque cet usager en a eu besoin, bouleversé psychologiquement, il ne s’est pas posé plus de questions que ça. Il souhaitait un chariot léger, pas stigmatisant, facilement pliable. Il galérait à le ranger dans le coffre mais le revendeur a plaidé qu’il n’avait pas l’habitude. Il a alors dû acheter une grue pour le glisser dedans. C’est un fauteuil d’appoint pas confortable du tout. » Auquel cet usager devra encore s’accommoder quatre ans.

« Les hôpitaux n’ont aujourd’hui plus les moyens, les équipes, et délèguent parfois le travail des ergothérapeutes aux revendeurs », regrette Sylvain. « Ailia vise justement à aider les médecins et ergothérapeutes à prescrire le fauteuil qui correspondra le mieux et à produire les justifications attendues dans les demandes de remboursements. »

Renseignements : www.ailia.care