Les opposants au méga-projet urbain du PAV (Praille-Acacias-Vernet) ont déposé mardi une pétition de 1400 signatures contre la « bétonnisation à outrance ». Alors que les autorités vantent un futur quartier moderne, l’association SOS Patrimoine Genève CEG y voit un projet démesuré, qui défigurerait la ville.

Le projet prévoit plus d’une trentaine de tours, dont deux gratte-ciel culminant à 170 mètres, et environ 25’000 nouveaux habitants. Le futur quartier du PAV serait l’un des plus grands chantiers de transformation urbaine en Europe. Il entraînerait une modification sans précédent du territoire genevois.

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Pour les défenseurs du patrimoine, le projet est une politique de la table rase, sacrifiant le caractère et la « taille humaine » de Genève sur l’autel de la densification. Ils évoquent une catastrophe écologique et déplorent également une modification profonde de la skyline genevoise.

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Pour Leila El Wakil, secrétaire de l’association SOS Patrimoine Genève CEG, le projet ne répond pas aux vrais problèmes de logements dont souffre le canton. « La discussion sur les tours a été très vive dans les années 70, particulièrement s’agissant du logement », rappelle-t-elle dans le 12h30.

Vers une initiative populaire

« Le PAV fait fi de toutes les réflexions qui avaient été faites contre la construction de davantage de tours locatives ou d’habitation. On sait que l’entassement de population n’est pas une bonne chose, et on veut refaire les mêmes erreurs qui ont été faites dans la seconde moitié du 20e siècle. Ce projet nous paraît passéiste », regrette Leila El Wakil.

Le canton estime lui que, face au développement de Genève, ce projet est nécessaire pour ne pas grignoter sur les terrains agricoles. Il rappelle que le PAV est conditionné par la petite taille du territoire genevois. Cette vision ne convainc pas les pétitionnaires. Les associations préviennent déjà qu’une initiative populaire pourrait voir le jour.

Miguel Hernandez/asch