La Suisse fait face à une pénurie de PrEP, le traitement préventif contre le VIH. Les consommateurs sont appelés à partager leurs réserves ou à réduire leur consommation. Le fabricant espère résoudre la situation fin avril, mais certaines pharmacies annoncent des ruptures de stock jusqu’en juin.
La situation est préoccupante pour les milliers de personnes qui prennent la PrEP en Suisse. Ce traitement préventif contre le VIH est en pénurie depuis plusieurs semaines.
Des messages circulent sur les réseaux sociaux et dans les newsletters destinées aux consommateurs. Ils appellent à « faire des efforts » pour gérer collectivement la pénurie et à se montrer solidaires en partageant ses boîtes avec d’autres personnes, ou en adaptant son mode de prise afin de réduire sa consommation.
Une perte de protection temporaire
Arrêter sa prise de PrEP ne présente pas de danger en soi. Mais la personne perd sa protection contre le VIH pendant cette période.
L’Aide suisse contre le Sida s’adresse également aux médecins. L’organisation les invite à limiter leurs prescriptions à une seule boîte par personne et par consultation.
A l’heure actuelle, seuls quelques rares points de vente disposent encore de réserves. L’Aide suisse contre le Sida recommande aux personnes concernées de s’adresser à leur centre habituel de prescription. Elles pourront y obtenir des conseils adaptés à leur situation.
Un problème de remboursement
Le traitement existe sous d’autres formes, mais pas au même tarif. Depuis juillet 2024, la PrEP est remboursée sous conditions par l’assurance maladie de base.
Les conditions sont strictes. La personne doit être exposée à un risque élevé de contamination. La facture ne doit pas dépasser 72 francs par mois, soit le prix du générique. Le traitement original coûte 544 francs mensuels. Lui n’est pas en pénurie. Mais il n’est pas remboursé par la LAMAL.
Les consommateurs qui ne peuvent pas payer ce prix élevé ont peu d’options. Ils peuvent compter sur la solidarité ou s’approvisionner à l’étranger, où d’autres génériques sont disponibles.
Le fabricant Mepha, qui produit le générique suisse, espère résoudre la situation fin avril. La pharmacie des HUG annonce quant à elle une rupture de stock jusqu’en juin.
Un seul générique sur le marché suisse
L’absence d’alternatives s’explique par plusieurs raisons. La PrEP est un traitement relativement récent en Suisse. Le pays recommande son usage depuis 2016 seulement.
Le remboursement du générique est lui-même en cours d’évaluation. Les autorités se sont données deux ans pour décider de le pérenniser ou non.
Ce manque d’alternative ne concerne pas uniquement la PrEP. Le problème touche régulièrement d’autres médicaments, comme les antibiotiques.
Des recommandations pour l’avenir
Fin 2025, un groupe d’experts a soumis plusieurs recommandations à la Confédération. L’objectif est d’améliorer l’approvisionnement des médicaments génériques bon marché.
Parmi les pistes proposées figurent deux mesures principales. Rendre leur production plus attractive pour les fabricants ou encore faciliter l’achat d’emballages étrangers en cas de pénurie.
Camille Besse/miro