Une double greffe sur un patient diabétique réalisée à partir d’un donneur décédé a été réalisée par le CHU de Toulouse.
Tobilander / stock.adobe.com
Les équipes du CHU de Toulouse ont combiné la greffe d’un rein et celle de cellules pancréatiques chez un patient atteint de diabète de type 1 et d’insuffisance rénale.
Les équipes du CHU de Toulouse ont réalisé «une première nationale» en menant avec succès une double greffe associant un rein et des cellules pancréatiques chez un patient atteint de diabète de type 1, selon un communiqué publié par l’établissement hospitalier.. Cette intervention inédite en France a été effectuée à partir des organes d’un même donneur décédé après un arrêt cardiaque, est-il précisé dans le même texte.
Le patient souffrait d’un diabète de type 1 compliqué d’une insuffisance rénale chronique à un stade avancé. Depuis plusieurs années, il devait recourir à la dialyse. Une greffe combinée rein-pancréas, habituellement proposée dans ce type de situation, n’était toutefois pas envisageable en raison de contraintes vasculaires majeures. Les médecins ont alors opté pour une approche alternative : associer une transplantation rénale à une greffe «d’îlots pancréatiques», des cellules du pancréas capables de produire de l’insuline.
L’opération présente une particularité supplémentaire : les organes provenaient d’un donneur dit «Maastricht 3», c’est-à-dire décédé après un arrêt cardiaque à la suite d’une décision d’arrêt des traitements. Dans ce cas, les organes et les cellules sont privés de circulation sanguine pendant un certain temps après le décès, contrairement aux donneurs en mort encéphalique, ce qui complique la procédure et impose une grande rapidité d’intervention.
Résultats «très encourageants»
La réussite de cette greffe a reposé sur la coordination de plusieurs équipes médicales, selon l’hôpital. Après le prélèvement, le pancréas a été envoyé au CHU de Montpellier où une équipe spécialisée a isolé les îlots de Langerhans. Pendant ce temps, les chirurgiens du CHU de Toulouse ont procédé à la greffe du rein, notamment grâce à «un pontage ilio-fémoral» permettant d’assurer une bonne circulation sanguine vers le greffon. Les cellules pancréatiques ont ensuite été injectées «dans le foie» du patient par une équipe de radiologie interventionnelle.
Les résultats sont jugés «très encourageants» par l’hôpital : le patient n’a plus besoin de dialyse et produit désormais lui-même une partie de son insuline, ce qui réduit ses injections et stabilise sa glycémie. «Permettre aux patients de ne plus être dialysés et ne plus être diabétiques est vraiment un émerveillement et une satisfaction quotidienne», souligne le Dr Laure Esposito, néphrologue à l’hôpital Rangueil.