Le lieu est assez banal, murs blancs et sol crème. Ce n’est pas très grand, avec deux larges couloirs qui desservent 24 chambres. Il est un peu plus de 8 h, l’heure du petit déjeuner. Johanna pousse son chariot. Thé, café, biscottes, compléments alimentaires… Nous sommes à l’unité de court séjour gériatrique du centre hospitalier de Cornouaille à Quimper (Finistère).

Aujourd’hui, deux patients doivent partir pour un scanner à 9 h. Ils seront donc les premiers servis. L’aide soignante vérifie méthodiquement les prescriptions et recommandations pour chacun. Ici, pas de sucre. Là, pas de sel. Dans cette chambre, un monsieur a des problèmes de mastication, il faut adapter la texture. Un peu plus loin, un patient grand et costaud a besoin d’aide pour s’installer dans son fauteuil.

Lire aussi : REPORTAGE. À Quimper, le foot en marchant, « c’est bon pour le moral et pour la santé »

Le chariot avance lentement. L’aide soignante est seule. Certains jours, il arrive que le dernier p’tit déj soit servi tardivement. Ce n’est pas normal mais ce n’est pas possible de faire autrement. À midi, elle refera le même circuit. Elle devra aider un vieux monsieur à couper sa viande. Elle devra donner à manger à la cuillère à un autre. Toujours avec une horloge en tête. Elle reconnaît que, parfois, sa hâte peut s’apparenter à une forme de dureté. Une personne âgée a besoin de temps, on ne peut pas les bousculer. S i…