Prix de la meilleure série au Festival de la Fiction de la Rochelle, L’affaire Laura Stern (notre avis) est diffusée sur France 2 à partir du mardi 11 mars 2026, à 21h10. Ainsi, la comédienne Marie Kremer a retrouvé son scénariste du Village Français, Frédéric Krivine, pour raconter l’histoire d’une femme, pharmacienne de son état, qui vient en aide à toutes celles qui subissent des violences conjugales.
Dans le rôle-titre, Valérie Bonneton, révélée au grand public grâce à l’inénarrable Fabienne Lepic de la série Fais pas ci, fais pas ça, livre une composition magistrale comme un uppercut au cœur, devant les caméras du réalisateur Akim Isker dont la dernière œuvre, L’enfant de personne, diffusée sur France 2 en 2021 avec Isabelle Carré, avait déjà été primée.
Un tournage « épuisant » qui a marqué l’actrice jusque chez elle
Si vous deviez présenter Laura Stern, votre personnage, à des amis, que diriez-vous ?
Je dirais que c’est quelqu’un qui accueille la douleur des autres, qui prend tout. Une sorte d’Antigone, qui va se sacrifier parce qu’elle décide d’agir, d’aller au bout. Pas contre la justice, pas contre les hommes, mais parce qu’elle ne supporte plus la douleur des femmes…
Ce rôle vous a-t-il marquée personnellement ?
Cette solidarité entre femmes m’a fait beaucoup de bien. C’est comme ça qu’il faut vivre, agir, en tout cas réagir. Et ce rôle m’a énormément remuée, de manière personnelle. Je crois que ça a changé des choses en moi, oui. Tout comme je n’avais jamais tourné avec un réalisateur comme Akim Isker, il est merveilleux !
Comment fait-on pour ne pas emporter un tel personnage à la maison ?
Je l’ai emporté à la maison ! Et cela m’a épuisée émotionnellement, je n’ai jamais autant dormi après un tournage. J’ai toujours été une hyper sensible face à la douleur et l’injustice. Après, je ne suis pas non plus quelqu’un qui fait de grands discours. Mais j’espère agir à travers mes actes… comme jouer dans cette fiction.
Je ne savais pas du tout comment j’allais interpréter le personnage. On ne sait pas toujours de quelle manière ça va sortir. C’est quelque chose de très intérieur, qui monte. Dans certaines scènes, je n’ai toujours pas compris ce qui est sorti. C’est justement ce que j’aime dans ce métier. Mais je n’ai pas envie de parler de moi, ni de ce que j’ai vécu, mais il y a une énorme correspondance.
De la chambre de bonne au succès : La rage de vaincre de Valérie Bonneton
Enfant, éprouviez-vous déjà cette révolte face à l’injustice ?
J’étais assez rebelle paraît-il ! J’avais mon caractère. Je ne me laissais pas faire. Par exemple, si quelqu’un lançait : « Les femmes, on s’en fiche, elles travaillent bien à l’école, elles se marient », je me disais : « Jamais de la vie ! »
Pensez-vous que les mentalités évoluent ?
C’est en train de changer. Quand les adolescents voient leur mère qui se bat seule, élève ses enfants seule, parce que c’est de plus en plus fréquent, ils portent un regard différent sur les femmes. On est encore sous un modèle de patriarcat assez complexe à dénouer mais les consciences s’ouvrent…
Êtes-vous confiante en l’avenir ?
Oui ! Quand on vient de pas grand-chose, comme moi, on n’a rien à perdre, et tout à gagner. Plus jeune, je vivais dans une chambre de bonne sans douche. Je n’avais rien. Mais j’étais hyper heureuse de découvrir ce métier, de rencontrer des gens passionnés comme moi. Je reste dans cet état d’esprit que tout est toujours possible…
Avez-vous encore des pudeurs devant la caméra ?
L’impudeur physique. C’est ma limite. Pour le reste, même si je peux être anxieuse dans la vie, quand je joue, je n’ai absolument pas peur. Quand on voir ce qui se passe dans le monde, avoir peur de jouer, c’est ridicule, ce n’est pas possible !
En vous observant à travers tous vos rôles, on dirait que vous ne jouez jamais dans la séduction…
Non, parce que c’est un piège. Au secours ! Peut-être que ça vient de mon éducation, mais je n’ai jamais cru à la séduction. Je crois en d’autres valeurs, mon talent, et surtout le travail. C’est peut-être la meilleure des séductions !