Selon l’enquête d’On en parle menée auprès de ses auditrices et auditeurs, 50% des locataires doivent se plier à un horaire de lessive imposé, souvent une demi-journée fixe. Alors que 20% des locataires ne paient rien, les autres paient entre 30 centimes et trois francs leur machine à 40 degrés. Carole Wahlen, présidente de l’Asloca Vaud, rappelle quelques règles et droits.

La buanderie commune est une particularité helvétique. L’émission On en parle a mené une enquête participative auprès de ses auditeurs et auditrices. Parmi la cinquantaine de participants à l’enquête, plusieurs témoignent directement dans l’émission.

La moitié des locataires ne peuvent pas choisir leur créneau de lessive

Dans la moitié des cas, l’horaire de lessive est imposé, en général pour une demi-journée. Dans l’autre moitié des cas, les locataires peuvent utiliser la buanderie commune quand ils et elles le souhaitent. Le système de réservation, quand il existe, est souvent sous la forme d’un calendrier papier.

Parfois, les locataires ont droit à un créneau seulement tous les 15 jours. Une pratique tout à fait légale, comme le rappelle l’avocate Carole Wahlen, avocate spécialiste du droit immobilier et présidente de l’Asloca Vaud, dans l’émission On en parle du 13 février: « Les règles et usages locatifs en l’état prévoient qu’en principe, on devrait pouvoir utiliser la machine à laver au moins une fois tous les quinze jours. » A noter que les règles d’utilisation de la buanderie doivent être précisées dans le règlement d’immeuble.

Le prix moyen d’une machine à 40 degrés: 1,55 franc

Là encore, les locataires sont divisés en deux catégories. 20% des sondés ne paient pas pour faire la lessive, car elle est incluse dans les charges. Les autres locataires paient chaque machine. Les prix varient de 30 centimes à 3 francs par machine de 40 degrés, soit 1,55 franc en moyenne.

La monnaie récoltée revient soit à la régie, soit à l’entreprise qui met à disposition les machines à laver. Attention cependant: les comptes doivent être transparents. Carole Wahlen recommande de bien étudier son décompte annuel de charges. « Le prix de ces lessives ne peut pas être facturé deux fois aux locataires. Soit les locataires peuvent utiliser la buanderie et les frais relatifs sont reportés dans leurs décomptes de charges à la fin de l’année, soit ces frais sont payés en direct via un compteur ou une machine à carte, parfois à une société tierce. Là, le bailleur doit déduire les bénéfices de la buanderie des montants de frais accessoires. C’est un petit poste qui s’appelle en général ‘recettes de buanderie’. On le voit en principe sur le décompte des charges. »

La buanderie de l’immeuble, source de conflits

Enfin, un autre élément ressortant de l’enquête est que la buanderie est un sujet de conflit potentiel, avec ses voisins ou sa régie. Par exemple, une buanderie très froide en hiver, des voisins qui ne nettoient pas après leur passage ou des machines qui ne sont pas toujours efficaces. Souvent, il est interdit de faire sa lessive le dimanche. Une règle pas toujours respectée. « À moins que cela ne dérange les autres voisins à cause du bruit, je ne vois absolument pas d’opposition à ce qu’on fasse la lessive le dimanche. Si on l’interdit juste pour le plaisir d’interdire, cela ne fait pas sens. »

Une enquête participative signée Clémence Reymond, Delphine Sage, Bastien von Wyss et Xavier Bloch

Adaptation web: Myriam Semaani