Une nouvelle station Agroscope d’essais sur les sols agricoles a été présentée jeudi à Moudon (VD). En collaboration avec l’Etat de Vaud et Prométerre, elle souhaite combiner recherche et transmission des connaissances aux agriculteurs.
« La qualité des sols est la base de notre production alimentaire », a déclaré la conseillère d’Etat Valérie Dittli. Or, les terres vaudoises connaissent un déficit de matière organique, nécessaire à leur fertilité.
En cause, la baisse importante du nombre de vaches et donc de fumier, explique Robin Krischer, responsable de la station d’essais. « Cette situation entraîne un manque de matière organique, importante pour toutes les fonctions du sol. Elle contribue à sa vie, sa structuration et sa capacité à stocker l’eau pour la rendre aux plantes lors des périodes sèches », détaille-t-il.
Le poids toujours plus important des tracteurs est aussi en cause, car il provoque un tassement des sols.
En fin de compte, dans un sol qui est sain et en bonne santé, on aura des cultures saines et en bonne santé qui n’auront plus besoin d’autant d’intrants, c’est-à-dire de produits phytosanitaires et d’engrais
André Staudenmann, agriculteur à Vuarrens (VD)
La station d’essais, première à traiter de cette problématique en Suisse, compte développer des solutions concrètes et de terrain en liant la science, la pratique et la formation.
Au plus proche des préoccupations
Prométerre participera aussi à l’élaboration des projets de recherche « en communiquant les besoins des agriculteurs en matière de recherche et développement dans le sol » pour se placer au plus proche de leurs préoccupations.
Le but est de « ramener de la vie dans le sol, nourrir le sol avant même de nourrir les cultures », explique dans La Matinale André Staudenmann, agriculteur engagé dans les premiers projets de recherche.
« En fin de compte, dans un sol qui est sain et en bonne santé, on aura des cultures saines et en bonne santé qui n’auront plus besoin d’autant d’intrants, c’est à dire produits phytosanitaires et d’engrais ». D’ailleurs, « dans les essais que je fais chez moi (à Vuarrens dans le canton de Vaud, ndlr.), on constate que ça commence à porter ses fruits. On arrive à conserver les mêmes rendements, voire même à les augmenter tout en diminuant les intrants », se réjouit André Staudenmann.
100 hectares pour débuter
L’Etat de Vaud met à disposition 100 hectares de son domaine pour mener ces essais. D’autres agriculteurs volontaires pourraient par la suite étendre le réseau de parcelles étudiées.
Ces terrains, situés entre 500 et 800 mètres d’altitude, plats ou en pente, reflètent plusieurs types de sols et différentes conditions climatiques, qui permettront de transposer les résultats au reste du Plateau suisse.
Deux premiers projets débuteront cette année: l’un sur les couverts végétaux, l’autre sur les moyens d’améliorer la qualité des sols dans les fermes qui pratiquent peu l’élevage.
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fp avec ats