La Haute autorité de santé (HAS) met en garde contre un risque qui peut devenir une urgence vitale et qui est pourtant souvent minimisé : celui de faire une fausse route. De nombreuses personnes sont concernées par les troubles de la déglutition, entre 8 et 15 % des personnes âgées à domicile, et entre 30 et 62 % de celles résidant en institution. Tout savoir sur les fausses routes en quatre questions.

Les fausses routes correspondent au passage d’aliments mais aussi de liquides dans les voies respiratoires au lieu de l’œsophage. Ce problème fréquent est potentiellement grave, à l’origine de complications comme une infection des poumons due à l’inhalation d’aliments (pneumopathie d’inhalation), une perte de poids et des carences liées à un apport alimentaire insuffisant (dénutrition), voire entraîner le décès de la personne.

Il est très difficile pour un être humain de survivre plus de trois jours sans boire de l’eau. © sanechka, Fotolia

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Dans un récent flash sécurité patient, la HAS alerte. Gérer ce risque ne concerne pas uniquement les soignants d’Ephad, mais également les aidants qui s’occupent d’un proche à domicile.


Ce trouble de la déglutition, fréquent chez les seniors – il touche jusqu’à 62 % des résidents en institution – peut provoquer des infections pulmonaires ou une dénutrition. © pics five, shutterstock.com

Quelles sont les multiples causes de fausses routes ?

Le vieillissement naturel peut entraîner une diminution de l’efficacité de la déglutition (presbyphagie). Les fausses roues peuvent également être liées à des maladies neurologiques comme la perte progressive des fonctions cognitives ou la maladie de Parkinson, ou encore après un accident vasculaire cérébral (AVC).

D’autres causes incluent des maladies de la gorge ou du larynx comme les infections fongiques (mycoses) ou les cancers, des troubles du comportement alimentaire (TCA), certaines opérations chirurgicales, des traitements par rayons (radiothérapie) ou encore la prise de certains médicaments agissant sur le cerveau, comme les antipsychotiques (neuroleptiques), les médicaments contre l’anxiété (benzodiazépines) ou les antidouleurs puissants dérivés de la morphine (opiacés).

Tout savoir sur la toux persistante après une infection respiratoire. © PheelingsMedia, Adobe Stock

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Quelles sont les causes de la toux persistante ?

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Le reflux gastro-œsophagien peut entraîner le passage de liquide gastrique dans les voies respiratoires. Une difficulté respiratoire importante (dyspnée sévère) peut également augmenter le risque.

Quand le réflexe de toux n’est pas automatique 

L’entrée d’aliments, de salive, de sécrétions rhinopharyngées ou de contenu gastrique dans les voies respiratoires peut provoquer un réflexe de toux. Ce mécanisme de défense permettant d’expulser un corps étranger peut être efficace ou inefficace. Cependant, il peut aussi être absent : on parle alors de fausses routes silencieuses.

Quels sont les signes d’alerte ?

Outre la toux pendant le repas ou à distance de celui-ci, une voix dite « mouillée » ou rauque, pendant ou à la fin du repas, peut alerter. Une gêne ou une douleur à la déglutition (odynophagie), une régurgitation par le nez ou le fait de baver ou de saliver anormalement, un raclement de gorge fréquent sont autant de signes typiques.

Une gêne respiratoire doit aussi faire évoquer une fausse route : une difficulté à respirer (dyspnée), un arrêt momentané de la respiration (apnée) ou une coloration bleutée des lèvres ou des extrémités (cyanose) au moment de la déglutition.

La répétition d’infections pulmonaires comme des pneumopathies ou la présence de bronchites chroniques peut être un signe indirect de fausses routes répétées. Des modifications du comportement alimentaire peuvent apparaître : allongement de la durée des repas, angoisse au moment de manger avec peur de s’étouffer, refus des repas en commun, sélection ou exclusion de certains aliments selon leur consistance, ou diminution des quantités consommées. Enfin, un amaigrissement, une dénutrition ou une déshydratation inexpliqués sont suspects.

Avoir les bons réflexes face à un proche qui fait une fausse route

Les gestes à adopter dépendent de la situation.

Si la personne ne respire plus et ne peut plus parler, il s’agit d’une obstruction totale des voies respiratoires. Dans ce cas, il faut donner 5 tapes vigoureuses dans le dos, puis réaliser la manœuvre de Heimlich ;Si la personne respire encore, il s’agit d’une obstruction partielle. Il faut alors lui faire baisser la tête vers l’avant et l’inciter à tousser, car la toux est le mécanisme le plus efficace pour expulser le corps étranger. Une aspiration peut être réalisée si nécessaire.Si la personne respire, il ne faut pas taper dans le dos, car cela risquerait de déplacer le corps étranger vers les voies respiratoires profondes. Il ne faut pas non plus mettre la tête en arrière, donner à boire, pratiquer le bouche-à-bouche, ni lui faire lever les bras.

Le saviez-vous ?

La manœuvre dite « manœuvre de Heimlich » consiste en une compression abdominale qui est destinée à expulser le corps étranger :

tenez-vous derrière la victime et placez vos bras autour de la partie supérieure de son abdomen ;penchez la victime vers l’avant ;placez un de vos poings fermés entre le nombril et l’extrémité inférieure du sternum ;maintenez votre poing en place à l’aide de votre autre main. Enfoncez fortement votre poing vers vous et vers le haut. Recommencez ce geste cinq fois au maximum.