L’homme qui s’est immolé par le feu mardi dans un bus à Chiètres, causant la mort de six personnes dont lui-même, vivait seul et en marge de la société dans son camping-car, décrit le Tages-Anzeiger vendredi, dressant le portait d’un homme désespéré, mais pas agressif.
Le Tage-Anzeiger publie une photo d’un camping-car blanc garé devant une ferme près d’Aarberg, dans le Seeland bernois, à une dizaine de kilomètres au nord de Chiètres. Un véhicule mal entretenu rempli de détritus, de bouteilles d’alcool vides, de sacs poubelle remplis.
Ancien chauffeur routier de nationalité suisse et âgé de 65 ans, l’homme qui s’est immolé à Chiètres vivait là depuis quatre ans, après avoir connu au moins huit adresses différentes au cours des vingt dernières années, mais toujours dans la région.
En début d’année toutefois, le propriétaire des lieux a résilié son contrat, car le locataire n’avait pas payé les frais de stationnement. Il avait jusqu’à fin mars pour déplacer son véhicule.
Un état physique qui s’était dégradé
Le journal alémanique révèle aussi que l’homme était suivi médicalement pour des problèmes de dépendance et que son état physique s’était aggravé récemment: il s’était rendu de sa propre initiative à l’hôpital d’Aarberg, après avoir séjourné volontairement dans un autre établissement.
Mercredi, la police cantonale bernoise avait confirmé à la RTS avoir reçu mardi, quelques heures avant le drame, un avis de disparition concernant cet homme et émanant de l’hôpital d’Aarberg. Malgré des investigations et des mesures de recherches, l’homme n’avait pas pu être localisé.
>> Les précisions de Ludovic Rocchi dans le 19h30 sur le profil de l’incendiaire :
Drame de Chiètres : Ludovic Rocchi revient sur le profil du présumé incendiaire / 19h30 / 1 min. / mercredi à 19:30
>> Lire aussi : Avant l’incendie du car, la police bernoise a recherché en vain l’auteur présumé, porté disparu d’un hôpital
Une méfiance envers l’Etat
L’homme se méfiait de l’Etat, relève aussi le propriétaire du terrain dans le Tages-Anzeiger. Sa boîte aux lettres débordait de lettres de poursuite et de convocations diverses. Il était toujours plus renfermé sur lui-même, selon d’autres témoignages recueillis par le journal.
Réservé, voire taciturne, mais aimable, ajoute-t-on. Désespéré mais pas agressif. Il bénéficiait d’un tuteur pour la gestion de ses finances, mais aussi pour les rapports avec les administrations et les autorités. Un tuteur qui lui cherchait aussi une place dans une maison de retraite.
L’homme le voulait-il vraiment, lui qui parlait du camping-car comme de son dernier refuge? La pression liée à la recherche d’un nouveau logement a-t-elle joué un rôle dans son acte? A ce jour, on ne sait toujours rien de ses motivations et l’enquête se poursuit.
>> Retour sur la chronologie du drame dans le 19h30 :
Retour sur la chronologie de l’incendie du car de Chiètres / 19h30 / 2 min. / mercredi à 19:30
>> Le récit du drame : Un homme s’est immolé dans un car postal à Chiètres, faisant six morts, dont lui-même
Sujet radio: Olivier Schorderet
Texte web: Frédéric Boillat