Cap Canaveral? Houston? Kourou? Non, Suisse romande! A la tête d’une start-up spatiale après une formation à l’EPFL et une enfance en Gruyère, Julie Böhning ambitionne de révolutionner la mise en orbite des satellites. La jeune femme solaire suit une ascension fulgurante.
La trajectoire de Julie Böhning débute en Gruyère, avec une histoire un peu folle qui démarre « entre potes » et qui l’amène ensuite à la tête de PAVE Space et sa trentaine d’employés. La start-up développe aujourd’hui Lyoba (clin d’œil à la Gruyère bien sûr), un véhicule spatial destiné à accélérer drastiquement la mise en orbite des satellites et dont le moteur sera testé dans l’ancienne usine valaisanne de Chavalon.
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Julie Böhning revient sur le début de l’aventure avec ses amis: « On s’est rencontrés à quatorze ans – donc à quatorze ans on ne pouvait pas être grand-chose d’autre que des potes », raconte-t-elle vendredi dans La Matinale. Les jeunes passionnés développent « Colibri », un démonstrateur de fusée qui s’envole en 2024 à 100 mètres de hauteur et qui atterrit sur ses pattes 53 fois, « une première en Europe ».
>> Revoir le sujet du 19h30 sur le projet :
À Payerne, le « Gruyère Space Program » a réussi un bel exploit en faisant décoller une petite fusée / 19h30 / 1 min. / le 17 octobre 2024
« Ce projet-là, on l’a tenu à une dizaine d’étudiants la nuit, le week-end et les vacances, dans une grange à Lessoc (en Gruyère donc) », poursuit la jeune femme, qui profite de remercier avec le sourire « les parents de Simon qui nous ont aidés, qui ont souvent amené des pizzas le soir pour qu’on ait de quoi manger ».
« Ce qui est génial, c’est que la majorité de cette équipe de Gruyère Space Program est toujours là… On travaille toujours ensemble. Je trouve que c’est génial d’avoir ce cœur gruérien et d’avoir ensuite des gens à travers le monde qui ont rejoint l’équipe », se réjouit Julie Böhning, soulignant « la bonne ambiance » de travail actuelle.
La création d’entreprise, ça s’apprend. J’ai la chance d’avoir deux grands-mères qui ont chacune tenu leur boutique à un moment dans leur vie et, depuis le début, je me disais qu’elles avaient l’air de gérer et que je peut-être je pouvais faire la même chose
Julie Böhning, directrice générale et cofondatrice de PAVE Space
Mais comment est-ce qu’on passe d’une grange à une start-up de près de trente personnes? « Ça a été très progressif », répond l’entrepeneure. « Le Gruyère Space Program, c’était six ans de travail. Entre la toute première fusée en plastique de dix centimètres de haut et les 53 vols d’un véhicule très complexe, on a déjà adapté nos processus en interne. Donc on peut dire qu’on avait déjà une qualité professionnelle d’un point de vue technique », estime Julie Böhning.
« Après, la création d’entreprise, ça s’apprend. J’ai la chance d’avoir deux grands-mères qui ont chacune tenu leur boutique à un moment dans leur vie et, depuis le début, je me disais qu’elles avaient l’air de gérer et que je peut-être je pouvais faire la même chose' », décrit-elle.
Julie Böhning n’en doute pas: « De manière générale, il n’y a pas de bon âge pour faire quelque chose de nouveau. Il faut juste essayer et travailler ».
Interview radio: Pietro Bugnon
Adaptation web: Julie Liardet