Nous sommes en 2009, la styliste australienne Katie Perry vient d’inaugurer son tout premier showroom, deux ans après le lancement de sa marque éponyme. Au lendemain de cet événement, la jeune femme ouvre son courrier et découvre une lettre lui ordonnant « Cessez immédiatement la vente de vos vêtements, fermez votre site web et cessez toute publicité ».

Sans grande surprise, la personne importunée par l’existence de cette marque n’est autre que la pop star du même nom, Katy Perry.

Ce sont en effet ses équipes qui ont envoyé cette lettre, le déclencheur d’une querelle judiciaire longue de quinze ans. Le verdict a été donné ce mercredi 11 mars par la Haute Cour australienne, la plus haute juridiction du pays. Et c’est la plus célèbre des deux qui a perdu le procès contredisant ainsi la première décision du tribunal australien en 2024.

Une question de timing

Après la première plainte de la chanteuse, son homonyme l’avait à son tour accusée de contrefaçon de marque, intervenue avant que celle-ci ne soit si célèbre. Quelques années plus tard, estimant que l’interprète du morceau « I Kissed a Girl » avait constitué un obstacle majeur et illégitime au succès de sa marque, Katie Perry — qui se fait maintenant appeler par son nom d’épouse Katie Taylor — décide de saisir la cour fédérale australienne. Si la justice s’est d’abord prononcé, en appel, contre le maintien de la marque, donnant ainsi raison à la chanteuse, elle a finalement statué que tout risque de « confusion » avec cette dernière était improbable.

En effet, toute la subtilité de la bataille judiciaire tourne autour de la question du timing. Katy Perry était-elle assez connue à l’époque où la seconde a entrepris de créer sa marque ? Pour l’une oui, pour l’autre, non. Et la Cour se range du côté de la styliste estimant qu’elle ne connaissait pas la compagne de Justin Trudeau à l’époque. Le tribunal statue donc que Katie Perry n’a jamais enfreint la législation sur les marques. Elle pourra donc continuer à mener tranquillement son petit business. Et le coup de projecteur permis par l’affaire lui profitera certainement.