Double vainqueur du globe de cristal vendredi à Courchevel, Marco Odermatt a profité de sa victoire pour lancer un appel: améliorer les casques de ski dont les norment datent de 2013. Invité vendredi de l’émission Forum, Dominique Pioletti, professeur à l’EPFL, confirme les limites des protections actuelles, que ce soit pour les skieurs professionnels ou amateurs.
L’appel de Marco Odermatt à revoir les normes des casques de ski, qui datent de 2013, relance le débat sur la sécurité des skieurs. Pour Dominique Pioletti, professeur au laboratoire de biomécanique en orthopédie de l’EPFL, ces standards pourraient effectivement évoluer.
« Les tests sont faits à des vitesses relativement basses par rapport aux vitesses des skieurs », explique-t-il à la RTS. Aujourd’hui, les essais sont réalisés à environ 20 km/h pour les skieurs amateurs et à 24 km/h pour les professionnels. Selon lui, de nouvelles normes pourraient « augmenter les vitesses des tests pour avoir des casques qui protègent mieux à des vitesses plus élevées ».
Si on ne veut pas skier avec des boules autour de notre tête, la limite physique est donnée
Dominique Pioletti, professeur au laboratoire de biomécanique en orthopédie de l’EPFL
Mais ces normes ne doivent pas être confondues avec les capacités réelles des casques. « On peut avoir des accidents à 40 ou 50 km/h avec des casques qui vont parfaitement protéger, et d’autres à plus basse vitesse où les dégâts sont plus importants », souligne le spécialiste. Les normes actuelles testent surtout les chocs linéaires, alors que les rotations de la tête – fréquentes lors des chutes – peuvent aussi provoquer des lésions cérébrales.
Des limites physiques… et d’autres pistes
Mais même avec des améliorations, les casques ne pourront toutefois pas protéger à très grande vitesse. « Il y a une valeur limite qu’on ne peut pas dépasser », prévient Dominique Pioletti. Selon lui, un casque pourrait au mieux protéger « jusqu’à 30 ou 40 km/h ». Aller au-delà nécessiterait des casques beaucoup plus épais. « Si on ne veut pas skier avec des boules autour de notre tête, la limite physique est donnée ».
Le casque reste néanmoins indispensable. « Ne pas porter de casque ne va pas aider quand on a des chocs sur la tête, ça c’est clair », rappelle-t-il. Mais dans certains accidents, il ne suffit pas. Une forte rotation du corps peut par exemple provoquer un traumatisme sans que la tête touche le sol.
Pour améliorer la protection, le chercheur évoque d’autres équipements. « On se concentre actuellement seulement sur le casque, mais ce n’est pas la seule chose qui devrait être développée », estime-t-il, évoquant notamment des airbags capables de protéger à la fois la tête et le dos des skieurs.
Propos recueillis par Valentin Emery
Adaptation web: ther