Dans les années 1980, un fossile intrigant est mis au jour dans la formation de Kirtland, au Nouveau-Mexique. Il s’agit d’un tibia fossilisé, enfoui dans une couche de cendres volcaniques appelée Hunter Wash. Grâce aux isotopes d’argon présents dans ces cendres, et aux datations radiométriques des couches situées au-dessus et au-dessous, les chercheurs ont pu établir son âge avec précision : environ 74 millions d’années, au Campanien supérieur.

Cette datation est remarquable, car la plupart des fossiles de Tyrannosaurus rex sont beaucoup plus récents, datant de la toute fin du règne des dinosaures, au Maastrichtien, même si les archives fossiles montrent un léger chevauchement avec le Campanien.

Selon le paléontologue Nicholas Longrich, de l’Université de Bath, et ses collègues, cet os pourrait appartenir à un proche parent du Tyrannosaurus. L’étude détaillée de sa morphologie révèle en effet plusieurs similitudes frappantes avec les membres de cette célèbre lignée.

Le tyrannosaure aurait vécu entre -68 et -66 millions d'années. © Warpaintcobra, Adobe Stock

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Un prédateur presque aussi massif qu’un éléphant

Les dimensions du fossile donnent une idée de la taille de l’animal. Le tibia mesure 84 % de la longueur et 78 % de la largeur de celui du plus grand spécimen connu de Tyrannosaurus rex, le célèbre squelette Sue. 

À partir de ces proportions, les chercheurs estiment que ce tyrannosaure pesait environ 4 700 kilogrammes, soit près de 5,2 tonnes, l’équivalent d’un grand éléphant de savane africain mâle. Bien que cela représente environ la moitié de la masse des plus grands tyrannosauridés connus, il s’agit du plus grand tyrannosaure identifié pour cette période.


Comparaison des tailles des Tyrannosauridae du Nouveau-Mexique, le nouveau dinosaure apparaissant à l’extrême droite de la section A. © Longrich et al., Scientific Reports, 2026

La forme de l’os renforce également cette interprétation. Comme chez Tyrannosaurus, le tibia est robuste, relativement droit et possède une extrémité inférieure large et triangulaire. Cette caractéristique n’est pas observée chez Bistahieversor, un tyrannosauridé plus petit et jusqu’ici le seul confirmé dans cette formation géologique.


Comparaison entre le tibia de Bistahieversor (à gauche) et celui du nouveau spécimen (à droite). © Longrich et al., Scientifc Reports, 2026

Une pièce clé pour comprendre l’origine du T. rex

Au-delà de sa taille, ce fossile pourrait éclairer les origines du Tyrannosaurus. Les paléontologues débattent encore de son lieu d’apparition : certains pensent que la lignée vient d’Asie, d’autres qu’elle serait née en Amérique du Nord, plus précisément dans le sud du continent de l’époque, une masse terrestre appelée Laramidia.

Selon Nicholas Longrich et son équipe, qui ont publié les résultats de leur étude dans la revue Scientific Reports, la présence d’un tyrannosaure géant vieux de 74 millions d’années dans cette région correspond précisément à ce que prédirait l’hypothèse d’une origine méridionale. Ce spécimen pourrait ainsi représenter le plus ancien tyrannosaure géant connu d’Amérique du Nord, et peut-être l’un des premiers membres du groupe des Tyrannosaurini.

Le Tyrannosaurus rex est un redoutable prédateur de la fin du Crétacé. © Michael Rosskothen, Fotolia

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Les T-rex avaient un détecteur de proie au bout de la mâchoire

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Cependant, une incertitude demeure : les chercheurs ne disposent pour l’instant que d’un seul os. D’autres fossiles (dents, fragments ou idéalement un squelette plus complet) seront nécessaires pour préciser la place exacte de ce géant dans l’arbre évolutif des tyrannosaures.