Grièvement blessé avec son fils de 15 ans dans la tragédie de Crans-Montana, un père témoigne de son combat pour se reconstruire et soutenir son enfant.
La nuit du 31 décembre 2025, Philippe, 59 ans, descend au bar Le Constellation à Crans-Montana pour s’assurer que tout va bien pour son fils Charles, âgé de 15 ans, qui y fête la Saint-Sylvestre avec des amis. Piégés par les flammes et la fumée toxique, Philippe et Charles sont grièvement blessés.
Père et fils face à l’impensable
Philippe, médecin-dentiste, a été brûlé au crâne, au dos et aux mains, nécessitant des greffes et une rééducation intense. « Aujourd’hui, il m’est impossible de retravailler. Cela prendra des mois », confie-t-il. Mais son fils Charles a subi des blessures encore plus graves. Brûlé au visage, au crâne et aux jambes, il a dû être amputé de huit doigts. Intubé depuis plus de deux mois, il lutte contre une broncho-pneumonie et en est à sa vingtième opération.
Je tente de comprendre sa douleur, mais il est impossible de se mettre à sa place
Philippe >> Ecouter le podcast : Philippe : tenir debout après Crans-Montana / Nous autres / 18 min. / aujourd’hui à 00:01
Philippe se rend chaque jour au chevet de son fils pour le soutenir. Aux séquelles physiques s’ajoutent les séquelles psychiques: des huit amis attablés au bar cette nuit-là, Charles est le seul survivant. « Il est déprimé, il a des envies d’en finir. C’est compréhensible pour un adolescent qui a vécu une telle tragédie », explique Philippe.
Un message de courage
Deux mois plus tard, depuis sa chambre d’hôpital, ce père témoigne du long parcours médical partagé avec son fils et de la quête de sens, jour après jour. « Témoigner, c’est une manière d’exorciser cette tragédie et de parler de la souffrance des victimes, directes et indirectes », dit-il.
Pierre Bavaud