L’adaptation d’un manga génial, celle d’une série littéraire à succès, la jeunesse d’un grand détective élémentaire, le quotidien d’une ado délurée chez des religieuses, sans compter un canular géant, tel est le vaste choix qui s’offre aux sérivores pour satisfaire leur appétit de séries.

« One Piece » sur Netflix

Lorsqu’en 2023 Netflix met en ligne sa version live-action du manga créé par Eiichirō Oda en 1997, la série remporte un succès mondial vertigineux. Le jeune Luffy, au corps aussi élastique que celui d’un Jim Carrey dans « The Mask », s’entête à débusquer le One Piece, le légendaire trésor de Gol D. Roger. La réussite de cette quête le couronnerait Roi des pirates, son rêve.

Dans cette saison 2 toujours aussi enlevée disponible depuis le 10 mars, Luffy et son clan des Chapeaux de Paille mettent le cap sur la Grand Line, une mer terrible où le danger et le mystère menacent derrière chaque vague, un passage néanmoins obligé pour mettre la main sur ce trésor tant convoité par tous les pirates.

Malgré des effets spéciaux encore inégaux, la magie opère dans ce voyage mouvementé dans des mondes colorés peuplés de personnages loufoques et bigarrés aux costumes délirants. Le fantastique teinté de réalisme rend l’univers fascinant alors que la série ne cesse d’osciller entre drame et légèreté, combats dantesques et slapstick pour soutenir la quête de liberté du grand rêveur Luffy et de ses amis.

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« Scarpetta » sur Prime Video

L’écrivaine américaine Patricia Cornwell, ex-assistante du légiste de Virginie, a puisé dans son expérience pour imaginer dans les années 1990 Kay Scarpetta, dont la mission est de disséquer des cadavres pour résoudre des enquêtes. 130 millions de romans vendus plus tard, voici que Nicole Kidman et Rosy McEwen donnent vie à la reine du bistouri dans une série au premier épisode désastreux, un brouillon mal ficelé, mal écrit, mal monté, mal joué, mal doublé pour qui oserait regarder la version française.

Par chance, la série disponible depuis le 11 mars monte en puissance au fil des épisodes, alternant enquête au scalpel bourrée de suspense et vie intime houleuse en raison d’une sœur romancière ravagée, insupportable égocentrique jouée par Jamie Lee Curtis. Alors que Scarpetta reprend du service en Virginie, là où tout a commencé, l’affaire qu’elle se voit confier résonne avec celle résolue trois décennies plus tôt et qui a fait sa renommée. Aurait-elle conduit un innocent en prison à l’époque?

Ce récit inédit qui joue sur trois périodes, son trauma d’enfance, ses débuts compliqués dans un monde misogyne et son retour au travail tout aussi délicat, plante idéalement un personnage qui pourrait évoluer sur le long terme. Avec vingt-huit romans existants, la matière est là, à condition que le public plébiscite cette première tentative.

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« Young Sherlock » sur Prime Video

Qui dit Guy Ritchie à la réalisation dit effets de style clinquants, musiques entraînantes, bourre-pifs à gogo et humour so british! Celui qui a donné en 2009 un coup de jeune à la série poussiéreuse en signant deux épisodes délirants au cinéma avec Robert Downey Jr était le cinéaste idéal pour inventer de toute pièce la jeunesse du détective. Elémentaire, mon cher Ritchie!

Ainsi, le jeune Sherlock est un chapardeur, escroc, beau parleur, tourmenté par le décès de sa jeune sœur, dont il se sent coupable. Alors qu’il débarque à Oxford en tant que valet, il sympathise avec Moriarty, son futur ennemi juré, une relation amicale farfelue qui n’a jamais existé dans l’esprit de Conan Doyle. Cette liberté fabuleuse permet aux deux hommes de mesurer leur intelligence pour déjouer un complot mêlant une mystérieuse altesse chinoise, des professeurs d’Oxford et peut-être, le père de Holmes.

Chaque épisode de cette série très bien construite autour de deux arches qui n’en feront qu’une recèle son lot d’énigmes à résoudre et de déductions pour avancer. Divertissante, il est toutefois conseillé de binger cette série, disponible depuis le 4 mars, pour éviter un gros coup d’assommoir, l’enchaînement des épisodes pouvant provoquer un coup de fatigue malgré les très bonnes performances de Colin Firth, des Fiennes père et fils, de Dónal Finn et de Zine Tseng.

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« Pécheresses » sur Ciné+ OCS

Cassidy, 17 ans, camgirl mineure, est virée de la caravane familiale par sa mère excédée lorsqu’elle découvre que sa fille s’exhibe sur le net. Direction le pensionnat du coin, tenu par des religieuses. Ce qui devait être LA punition ultime va devenir une très belle cour de récréation pour Cassidy, qui s’intègre facilement auprès de ses nouvelles copines. Mieux, après un passage à confesse, Cassidy prend goût à ces « séances de psy gratos » et tombe même amoureuse d’une aspirante novice, ex-pensionnaire qui a trouvé la foi, mais est perturbée par la jeune fille.

Très bien écrite, parfaitement interprétée par une ribambelle de jeunes comédiennes dont Léonie Dahan-Lamort, Rita Benmannana, Ninon François, Lou Seriot et Sonia Bonny, la scénariste réalisatrice Charlotte Sanson a su s’inspirer de son vécu, le moderniser et le transcender pour offrir une série aussi divertissante qu’instructive sur le rapport de la jeunesse à la religion. Disponible depuis le 3 mars, se priver de regarder cette série serait tout bonnement un péché!

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« Tout simplement fan » sur Prime Video

Eric et Ramzy reviennent main dans la main après s’être longtemps éloignés. Rabibochés, ils sont à la tête d’un format hybride mêlant caméra cachée et parodie de télé-réalité, à voir depuis le 27 février. Après avoir recruté sur les réseaux sociaux leur plus grand fan, ils l’invitent à vivre quelques jours de rêve sur le tournage de leur soi-disant nouvelle série « Zorro et Bernardo ». Bien sûr, tout est bidonné, surtout les embrouilles, comme celle avec Laurent Laffite qui débarque, croyant jouer le héros masqué alors que le rôle a été attribué à Ramzy.

Entre faux tournages, fausse réunion d’un panel de futurs spectateurs de la fausse série et faux jeu pour tester de vraies connaissances en Eric et Ramzy avec d’autres faux fans, tout est fait pour susciter le rire en se jouant de la naïveté de l’admirateur tellement aveuglé par ses idoles qu’on en viendrait presque à douter qu’il s’agit d’un vrai fan et pas d’un acteur!

Il n’empêche que ce piège plaisant, pour qui adhère à l’humour du duo, se regarde d’un bloc jusqu’au moment où la supercherie est dévoilée. Le dernier épisode est sans doute le plus drôle, celui où une autre fan renifle le traquenard et fait capoter le programme! Dans ce genre de canular, tout est question de curseur à jauger subtilement, une bonne leçon donnée aux deux rois de l’impro.

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Philippe Congiusti/ld