Depuis quinze ans, la Suisse reste le pays le plus innovant au monde. Des implants pour les personnes tétraplégiques aux microrobots dans le sang, les chercheurs l’EPFL et de l’ETH Zurich multiplient les avancées qui pourraient transformer notre quotidien.

Depuis quinze ans, la Suisse domine le classement mondial de l’innovation, selon l’indice 2025 publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). L’arc lémanique apparaît comme l’un des pôles les plus dynamiques d’Europe. Les deux grandes écoles polytechniques fédérales, à Lausanne et à Zurich, jouent un rôle central dans cette performance dans les domaines de « l’Intelligence artificielle, de l’environnement et des technologies médicales », explique Annalisa Buffa, vice-présidente associée pour la recherche. 

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Un implant pour remarcher

Parmi les innovations récentes, l’une des plus spectaculaires concerne la médecine. En 2023, des chercheurs ont permis à une personne tétraplégique de remarcher grâce à un implant cérébral. Ce système recrée la communication entre le cerveau et les muscles, interrompue par la lésion. « On peut envisager de diffuser ces implants » à plus grande échelle grâce à un appui industriel, précise la neurochirurgienne Jocelyne Bloch (CHUV).

Les microrobots médicaux

Dans les laboratoires de l’ETH, une autre avancée ouvre des perspectives inédites : les microrobots médicaux. Injectés dans les vaisseaux sanguins, ces minuscules dispositifs peuvent transporter des médicaments directement vers les zones à traiter. Ils pourraient à terme dissoudre des caillots responsables d’accidents vasculaires cérébraux, délivrer des antibiotiques de manière ciblée ou attaquer certaines tumeurs. 

Un robot tout-terrain

La robotique suisse se distingue aussi avec GOAT, un robot capable de changer de forme pour s’adapter à son environnement. Sur terrain plat, il roule ; face à un obstacle, il peut se contracter en sphère. Il est également capable de voler ou de naviguer sur l’eau tout en consommant très peu d’énergie. « A l’EPFL, on fait de plus en plus de robots qui s’inspirent de la nature et des animaux », précise Annalisa Buffa. Les scientifiques ont appris des pieuvres ou des araignées pour concevoir cette technologie. Elle pourrait être utilisée pour l’exploration de zones dangereuses ou les missions spatiales.

Un modèle 3D de simulation des éboulements

Dans un tout autre domaine, la Suisse innove aussi pour mieux anticiper les catastrophes naturelles. Des chercheurs ont mis au point un modèle 3D capable de simuler avec précision le déclenchement et la propagation d’éboulements en terrain montagneux. Développé par l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage et l’ETH à Zurich, cet outil a été testé en 2023 dans le village valaisan de Blatten: il avait anticipé un effondrement du glacier, deux ans avant la catastrophe de mai 2025.

Apertus, le « ChatGpt » suisse

Enfin, les chercheurs suisses s’illustrent aussi dans l’intelligence artificielle avec Apertus, un modèle open source entraîné sur plus de 1200 langues. Conçu conjointement par l’EPFL et l’ETH, il met l’accent sur la transparence des données, la protection de la propriété intellectuelle et la vie privée. Son infrastructure informatique est également pensée pour limiter la consommation énergétique.

Dans un contexte où l’innovation connaît un ralentissement des investissements, ces avancées illustrent la capacité de la Suisse à transformer la recherche en applications concrètes, qu’il s’agisse de médecine, de robotique, d’intelligence artificielle ou de gestion des risques naturels.

Florise Vaubien