Sorti le 11 mars, « Le crime du 3e étage » réunit Laetitia Casta, Gilles Lellouche et Guillaume Gallienne. Cette comédie signée Rémi Bezançon multiplie les clins d’œil aux films d’Alfred Hitchcock, en particulier « Fenêtre sur cour ».
« Le crime du 3e étage » de Rémi Bezançon met en scène Laetitia Casta dans le rôle de Colette, une professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock. Comme dans le film « Fenêtre sur cour » (1954) du maître du suspense britannique, elle pense avoir vu son nouveau voisin Yann (Guillaume Gallienne), un metteur en scène de théâtre excentrique, assassiner sa femme.
Colette décide alors de mener l’enquête et entraîne avec elle son mari François (Gilles Lellouche), un écrivain de romans policiers historiques. Une enquête qui va permettre à ce couple sur le déclin de raviver la flamme de leur relation.
Laetitia Casta en héroïne hitchcockienne
Avec ce film, Rémi Bezançon (« Le premier jour du reste de ta vie », « Le mystère Henri Pick ») propose une comédie qui rend hommage au cinéma d’Alfred Hitchcock. Et l’un des plaisirs du film réside dans la transformation progressive de Colette en véritable héroïne hitchcockienne, cette femme blonde, élégante et apparemment froide qui fait preuve d’une force de caractère inattendue face à l’adversité.
« Avec Rémi, dès le départ, on a pris le parti de jouer le jeu à fond, d’y aller vraiment », raconte Laetitia Casta dans l’émission Vertigo du 11 mars. Mais cette métamorphose n’est pas gratuite, elle accompagne l’évolution du personnage qui, de simple spectatrice de la vie de ses voisins, devient actrice de sa propre enquête.
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Une inversion des rôles
Dans le film d’Hitchcock, c’est le personnage du photographe incarné par James Stewart, immobilisé dans un fauteuil roulant, qui envoie sa compagne (Grace Kelly) prendre des risques en pénétrant dans l’appartement du suspect.
Pour son film, Rémi Bezançon a décidé d’opérer une inversion des rôles. Ainsi, c’est François qui se rend chez le voisin pour trouver des preuves pendant que Colette l’observe aux jumelles. De même lors d’une scène qui fait référence cette fois-ci au film « Psychose », c’est Gilles Lellouche qui se retrouve sous la douche.
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De très nombreuses références
« C’était un clin d’œil et je m’amuse avec tout ça », explique Rémi Bezançon qui espère aussi amuser le public. Car au-delà des films d’Hitchcock, « Le crime du 3e étage » multiplie les allusions à d’autres classiques du cinéma. On y trouve des références au film « Le magnifique » de Philippe de Broca (avec le personnage d’écrivain de romans policiers tenu par Gilles Lellouche), mais aussi à « Taxi Driver » de Martin Scorsese, « Orange mécanique » de Stanley Kubrick ou encore « Le silence des agneaux » de Jonathan Demme.
Les costumes eux-mêmes sont porteurs de références. Les habits de Gilles Lellouche et Laetitia Casta sont inspirés des films de Woody Allen, particulièrement « Meurtre mystérieux à Manhattan », avec la veste militaire et le pantalon en velours côtelé pour lui et des tenues rappelant Diane Keaton pour elle.
>> A écouter, le débat de Vertigo autour du film « Le crime du 3e étage » : « Le crime du 3ème étage » de Rémi Bezançon, avec Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Guillaume Gallienne / Vertigo / 4 min. / mercredi à 17:09 Un jeu de piste pour cinéphiles
« J’avais envie de faire un film assez ludique. C’est un jeu de piste, il y a énormément de références », s’enthousiasme Rémi Bezançon. Le réalisateur français insiste toutefois sur le respect qu’il porte aux oeuvres qu’il convoque: « J’aime tellement ces films que j’essaie de ne jamais m’en moquer. Pour moi, c’est très important de jouer avec les codes, mais de ne pas faire trop dans la caricature. »
Et que l’on maîtrise ou non ces références cinématographiques, « Le crime du 3e étage » reste une belle invitation à (re)plonger dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock.
Propos recueillis par Pierre Philippe Cadert et Rafael Wolf
Adaptation web: Andréanne Quartier-la-Tente
« Le crime du 3e étage » de Rémi Bezançon, avec Laetitia Casta, Gilles Lellouche et Guillaume Gallienne. A voir dans les salles romandes depuis le 11 mars 2026.