« Une bataille après l’autre », thriller loufoque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, a remporté dimanche l’Oscar du meilleur film, au terme d’une soirée marquée par six statuettes au total. Son grand concurrent « Sinners », plongée démoniaque dans le blues des Afro-Américains, a récolté quatre trophées.

La fresque politique de Paul Thomas Anderson, miroir grossissant de l’Amérique mêlant violence des extrêmes, descentes brutales contre les immigrés et montée du suprémacisme blanc, a fait honneur à son statut de favori lors de la 98ème cérémonie des Oscars à Hollywood.

Entre film d’action et comédie dramatique, le long métrage teinté d’humour est truffé de courses poursuites palpitantes et de fusillades, mais raconte aussi l’amour inconditionnel d’un père pour sa fille.

Ce mélange puissant et un casting brillant mené par Leonardo DiCaprio en ex-révolutionnaire, aux côtés de Teyana Taylor, Sean Penn et Benicio Del Toro, lui ont permis de remporter dimanche six statuettes. « Une bataille après l’autre » a été récompensé dans les catégories du meilleur film, du meilleur réalisateur, de la meilleure adaptation, du meilleur montage, du meilleur second rôle masculin (Sean Penn) et du meilleur casting.

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Duel attendu

Le succès du film aux Oscars semblait prédestiné: malgré le record de 16 nominations pour « Sinners » de Ryan Coogler, « Une bataille après l’autre » avait auparavant triomphé aux Bafta comme aux Golden Globes.

>> A lire : Le film « Sinners » fait main basse sur les Oscars avec un record de seize nominations

« Sinners », plongée démoniaque dans le blues des Afro-Américains, a pour sa part raflé quatre statuettes. Cette ode à l’identité noire où la mélancolie du blues conjure des vampires suceurs de culture pour raconter les blessures de la ségrégation repart notamment avec l’Oscar du meilleur scénario original et celui du meilleur acteur pour Michael B. Jordan.

Michael B. Jordan a remporté l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans le film "Sinners". [KEYSTONE - JORDAN STRAUSS] Michael B. Jordan a remporté l’Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans le film « Sinners ». [KEYSTONE – JORDAN STRAUSS]

L’acteur, brillant dans un double rôle de jumeaux mafieux se rebellant contre les démons et le racisme, entre ainsi dans le cercle très fermé des comédiens noirs à avoir remporté le prix ultime. « Je suis ici grâce aux gens qui m’ont précédé, Sidney Poitier, Denzel Washington, Halle Berry, Jamie Foxx, Forest Whitaker, Will Smith », a remercié l’Américain de 39 ans.

Pas favori

Michael B. Jordan devance Timothée Chalamet, longtemps favori pour son incarnation d’un joueur de ping-pong à l’ambition insatiable dans « Marty Supreme », mais qui s’est effondré et a fini par servir de « running gag » de la soirée.

>> A lire : Timothée Chalamet en anti-héros détestable et fascinant dans « Marty Supreme »

Le maître de cérémonie Conan O’Brien l’a taquiné en présentant un tambour modelé sur son postérieur, clin d’oeil à la fessée qu’il reçoit dans le film.

Il a également imaginé des « craintes quant à d’éventuelles attaques émanant à la fois du monde de l’opéra et de celui du ballet ». Une référence aux récents propos polémiques de l’acteur franco-américain, sur ces arts attirant moins les foules que le cinéma.

Peu d’allusions politiques

Comme prévu, l’actrice irlandaise Jessie Buckley a remporté l’Oscar de la meilleure actrice, pour sa prestation magistrale dans « Hamnet », tragédie inspirée par la vie de William Shakespeare. Elle y incarne Agnes, l’épouse du dramaturge anglais, dévastée par la mort de leur fils.

Jessie Buckley est la lauréate de l'Oscar de la meilleure actrice pour "Hamnet". [KEYSTONE - JORDAN STRAUSS] Jessie Buckley, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice pour « Hamnet », pose dans la salle de presse des Oscars le dimanche 15 mars 2026 au Dolby Theatre de Los Angeles. [KEYSTONE – JORDAN STRAUSS]

Amy Madigan a, elle, été élue meilleur second rôle féminin, pour sa terrifiante sorcière du film d’horreur « Evanouis ».

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Dans la catégorie très relevée du meilleur film international, c’est le long métrage norvégien « Valeur Sentimentale », émouvante chronique des retrouvailles crispées entre un père cinéaste revenant de nulle part et ses deux filles ayant appris à vivre sans lui, qui l’a emporté.

Cette 98ème cérémonie se déroulant en pleine guerre au Moyen-Orient, déclenchée par Donald Trump, a adopté un ton plutôt consensuel avec peu d’allusions politiques, hormis le « non à la guerre, libérez la Palestine », lancé par Javier Bardem sur scène et l’Oscar du meilleur documentaire, remis à « Mr. Nobody against Putin ».

afp/jtr