Des recherches de SRF ont révélé que des poursuites pénales avaient été engagées contre un directeur d’une clinique (Klinikdirektor) de l’Inselspital. Mercredi, l’Hôpital universitaire de Berne s’est « séparé » du responsable. Son avocat s’exprime désormais: l’homme ignorerait les faits qui lui sont réellement reprochés.
Il y a cinq mois, en février 2025, l’Hôpital de l’île de Berne a été informé d’un comportement inapproprié de la part d’un directeur de clinique – l’équivalent, dans un hôpital universitaire romand, d’un médecin responsable d’unité – à l’égard d’une employée. Selon une enquête de SRF, une plainte pénale a été déposée contre cet homme auprès du Ministère public.
Le directeur de clinique, qui est présumé innocent, est un scientifique de renommée internationale. La femme en question était médecin-cheffe et le directeur était son supérieur direct.
L’avocat de l’accusation Rolf P. Steinegger décrit l’affaire comme « grave, impliquant des violences sexuelles flagrantes sur une longue période ». Compte tenu de la gravité des faits, il a informé l’administration de l’Inselspital et de l’Université de Berne des accusations en février, notamment pour éviter de nouveaux préjudices.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Services Tiers.
Accepter Plus d’info
Cinq mois d’enquêtes internes et externes
L’administration de l’Inselspital, l’Inselgruppe, a réagi, donnant suite à l’information et lançant des enquêtes internes et externes. « Les résultats de ces enquêtes montrent des manquements graves et significatifs au devoir de diligence et de loyauté », déclare Christian Leumann, directeur de l’Inselgruppe.
Après consultation de l’Université de Berne, cela a conduit à la décision de se séparer du directeur de clinique, cinq mois après la réception de l’information par l’Inselgruppe.
« Cette enquête a été menée avec le soin nécessaire et dans le respect du devoir de diligence de toutes les personnes concernées. Cela a pris du temps », précise Christian Leumann. Une fois les résultats disponibles, la décision a été prise « immédiatement ».
Un licenciement sous la pression médiatique?
Mercredi soir, l’Inselgruppe a donc annoncé se séparer du directeur de clinique… Alors que mercredi matin, SRF avait confronté l’Inselgruppe sur la longueur de la procédure. Pourquoi cette décision a-t-elle été prise si tard, à ce moment-là? « Il n’y a aucun lien entre l’enquête de SRF et notre décision », répond le directeur de l’Inselgruppe Christian Leumann.
De plus, les informations concernant la durée de l’activité du responsable sont contradictoires. L’Inselgruppe affirme qu’il ne travaillait plus à l’hôpital depuis que la direction a eu connaissance des allégations.
Par ailleurs, la médecin-cheffe victime des agressions aurait aussi été licenciée par l’Inselspital, apparemment en raison de « valeurs différentes », dénonce l’avocat de la plaignante à SRF.
« Convaincu qu’il n’a commis aucune infraction pénale »
L’avocat du directeur de clinique, quant à lui, a expliqué à SRF que son client ne pouvait actuellement pas commenter l’affaire en raison de son important stress psychologique.
Il écrit toutefois: « Concernant la procédure pénale en cours, nous ignorons les faits qui sont réellement reprochés à mon client. Nous ne disposons d’aucune information officielle. »
À ce jour, aucun entretien n’a eu lieu avec le client. « Mon client est convaincu de n’avoir commis aucune infraction pénale. » L’avocat envisage d’engager des poursuites contre les différentes parties impliquées.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Services Tiers.
Accepter Plus d’info
Journal régional Berne Fribourg Valais de SRF
Adaptation française: Julien Furrer (RTS)