Dans le canton d’Argovie, une entreprise construit actuellement la plus grande batterie du monde avec la technologie dite « redox ». Avec la transition énergétique et la production irrégulière du solaire et de l’éolien, ce type de stockage pourraient jouer un rôle central dans la stabilité du réseau électrique du futur.
A Laufenburg (AG), le groupe Flexbase creuse la plus grande fosse jamais réalisée en Suisse pour abriter la plus puissante batterie du monde. « La batterie sera installée à 27 mètres sous terre », explique dans le 19h30 Marcel Aumer, son cofondateur.
Le projet est gigantesque avec un coût estimé entre 1 et 5 milliards de francs, entièrement financé par des fonds privés. Son directeur n’en dira pas plus, mais il explique volontiers la puissance de sa future installation.
« Nous pouvons injecter ou absorber en quelques millisecondes jusqu’à 1,2 gigawatt d’électricité, soit l’équivalent de la puissance de la centrale nucléaire de Leibstadt. »
Ces batteries utilisent la technologie « redox » (réduction-oxydation) qui désigne des processus basés sur le transfert d’électrons entre électrolytes liquides plutôt que des électrodes solides comme pour les batteries lithium ion.
De gigantesques réservoirs remplis de liquide stockent l’énergie et – au-dessus – des piles la transforment en électricité.
L’installation sera rechargée avec les excédents d’énergie renouvelable — solaire, éolienne — et pourra les restituer au réseau quand la demande est forte.
Flexibilité
L’exploitant du réseau électrique à très haute tension Swissgrid prévoit de s’y raccorder, une première en Suisse.
À l’avenir, les grandes batteries pourraient jouer un rôle clé dans la transition énergétique.
« Les grandes batteries peuvent stocker l’énergie quand il y en a beaucoup et en relâcher quand on en a besoin. Donc dans le futur, où il y a beaucoup de production éolienne qui va fluctuer selon la météo, avoir cette flexibilité, cela peut aider à stabiliser le réseau », explique Gabriele Crivelli, porte-parole de Swissgrid.
Ces installations peuvent aussi éviter des pannes électriques ou répondre à la forte demande des centres de données d’intelligence artificielle.
>> Les explications de Pascal Jeannerat dans le 19h30 :
Le point sur les batteries géantes avec Pascal Jeannerat / 19h30 / 1 min. / aujourd’hui à 19:30 Marché asiatique en avance
La technologie « redox » est éprouvée. « Le marché asiatique, avec le Japon en tête, a considérablement développé cette technologie. Aujourd’hui, le Japon, la Chine et la Corée du Sud ont environ sept ans d’avance sur nous les Européens, » relève encore Marcel Aumer, cofondateur du groupe FlexBase.
La mise en service de cette gigantesque batterie est prévue pour 2029. Elle devrait contribuer à stabiliser le réseau électrique suisse et européen.
Sujet TV: Julien Guillaume
adaptation web: lan