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Installé depuis 2012 à la tête de son restaurant Le Kiwi au Mas-d’Azil, Mark Corrie a bourlingué aux quatre coins du monde. Une carrière pendant laquelle il a cuisiné pour de nombreuses personnalités telles que les Rolling Stones, la reine d’Angleterre, Thierry Lhermitte…

En écoutant Mark Corrie dérouler le fil de sa carrière sur la terrasse de son restaurant Le Kiwi, qu’il tient depuis 2012 au Mas-d’Azil, on comprend un petit peu mieux le contenu de sa carte, où la cuisine thaïlandaise, indienne ou vietnamienne pointent le bout de leur nez. Un clin d’œil à la vie de globe-trotteur qui fut la sienne entre ses 20 et 30 ans. Une période durant laquelle il a multiplié les voyages : Égypte, Inde, Malaisie, Singapour, Israël, Australie, Vietnam, Thaïlande… Mais aussi élargi sa palette culinaire en travaillant dans divers établissements.

Né à Londres, d’un père anglais et d’une mère française, ce restaurateur a grandi en Angleterre avant de réaliser son apprentissage à Bordeaux puis d’entamer sa carrière. D’abord dans la capitale du Royaume-Uni, dans un restaurant où il a croisé la route des Rolling Stones. « Il y avait un studio en face, où les Rolling Stones sont venus enregistrer l’album ‘Steel Wheels’ en 1989. J’avais 21 ans. Le soir, ils venaient au bar du restaurant et ils buvaient des bières avec nous (les cuisiniers). Ils nous faisaient écouter les chansons qu’ils enregistraient. Un jour il y avait les basses, le lendemain les violons, c’était génial », raconte Mark Corrie.

« Les Rolling Stones ont des histoires impossibles à raconter »

Une fois par semaine, le cuisinier œuvrait également dans le studio où le groupe de rock s’exerçait. « Les Rolling Stones venaient directement dans la cuisine discuter avec moi, commander ce qu’ils voulaient, se remémore l’Ariégeois de 58 ans. C’était kiffant de parler avec eux. Ils ont des histoires impossibles à raconter. Keith Richards et Mick Jagger m’ont marqué. »

Fan de ces artistes, le jeune homme n’était pas pour autant impressionné, habitué à voir des personnalités graviter autour de sa famille avec un père travaillant dans le milieu du cinéma. Ses talents aux fourneaux étaient sa meilleure arme pour établir un premier contact : « Au fond, je suis quelqu’un de timide même si ça ne se voit pas. J’aime la cuisine parce que ça permet de faire venir les gens vers vous, c’est une façon de communiquer. »

Paul McCartney, la reine d’Angleterre, Woody Allen…

À Londres, Mark Corrie a aussi cuisiné pour d’autres stars telles que Paul McCartney des Beatles et Linda, son épouse. « J’avais cuisiné une vichyssoise, une soupe de patate et de poireaux avec du fond de poulet alors qu’ils étaient végétariens. Je leur ai donné un peu de protéines à leur insu. Ils ont dit que c’était délicieux », se rappelle le patron, regrettant encore son erreur.

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Quelques années plus tard, entre plusieurs virées aux quatre coins du globe dont une à New York où il a cuisiné pour Woody Allen par exemple, il a eu l’opportunité d’officier pour la reine d’Angleterre. « Je devais avoir 25 ou 26 ans. Je travaillais pour un grand traiteur. Dans le donjon d’un des châteaux de la reine, on faisait un grand banquet. À un moment, deux gardes du corps viennent me demander de préparer le plateau de la reine et du prince Philip. »

« Ma plus belle expérience est ici au Kiwi »

Mark Corrie a posé ses valises en Ariège en 2000. Dans les Pyrénées, le chef a travaillé pour Thierry Lhermitte au château de Rhodes, à La-Bastide-de-Sérou. « Je me suis coincé le dos le jour où je devais cuisiner pour lui, j’ai donné toutes les instructions à mon collègue », se remémore Mark Corrie avec humour.

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Une nouvelle expérience qui l’a forcément marqué, même si elle n’a pas changé la face de sa carrière à ses yeux. « Bosser pour ces personnalités ne m’a rien apporté, assure le quinquagénaire. Je prends autant de plaisir à cuisiner pour quelqu’un qui vient par hasard. Je n’en ai pas fait plus parce que c’était eux. Je crois que ma plus belle expérience est ici au Kiwi. Je fais ce que je veux, je me pousse et j’évolue en tant que cuisinier. » Loin des strass et paillettes londoniens, mais avec la même passion en cuisine.