Le commerce illégal d’animaux concerne des milliers d’espèces différentes. Dopé par les réseaux sociaux et la vente en ligne, il ne cesse de croître. Ce trafic perturbe les équilibres écologiques fragiles et fait peser sur la santé humaine une menace de diffusion accrue des zoonoses.

Le trafic d’animaux est l’un des marchés criminels les plus importants et les plus lucratifs au monde. Selon les estimations de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le trafic illégal d’espèces sauvages génère entre 7 et 23 milliards de dollars par an. Après la drogue, les armes et la traite d’êtres humains, il est le quatrième marché illégal au niveau mondial. Ce phénomène implique des réseaux transnationaux, des plateformes de vente en ligne et des filières d’approvisionnement clandestines de plus en plus sophistiquées.

Le trafic d’espèces sauvages est souvent étroitement lié à d’autres activités criminelles, relate l’émission scientifique de RSI Le Jardin d’Albert. Selon les experts de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), les mêmes réseaux impliqués dans le trafic d’animaux sont fréquemment impliqués dans le trafic de drogue ou d’armes, exploitant les mêmes infrastructures et itinéraires clandestins.

Contenu externe

Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Services Tiers.

Accepter Plus d’info

De l’anguille au rhinocéros, en passant par le paresseux

Le commerce illicite ne concerne pas seulement les espèces les plus emblématiques comme les rhinocéros, les tigres et les éléphants, mais aussi des milliers d’autres espèces animales: paresseux, anguilles, araignées, fourmis et oiseaux exotiques, comme ceux saisis par les douanes suisses et désormais conservés au Bioparc de Genève.

>> Lire au sujet de ces oiseaux exotiques : Le Bioparc Genève recueille des oiseaux issus d’un trafic illégal

>> Et concernant les paresseux : L’adorable paresseux, une victime des touristes accros aux selfies

Les méthodes de trafic sont extrêmement variées. Dans de nombreux cas, les animaux sont capturés directement dans leur habitat naturel, transportés illégalement à travers les frontières, puis relâchés sur les marchés internationaux. Parfois, le trafic se fait via des plateformes en ligne, des envois postaux ou des foires spécialisées.

De nombreux spécimens sont transportés dans des conditions extrêmement précaires, avec un taux de mortalité élevé avant même d’atteindre leur destination. Les animaux qui survivent finissent souvent sur le marché des animaux exotiques ou dans la fabrication de produits pour animaux de compagnie.

Objets de collection, remèdes miracles, mets gastronomiques

Les spécimens capturés, ou des parties de ceux-ci, sont utilisés à des fins très diverses. Ils deviennent des animaux de compagnie, sont transformés en souvenirs ou objets de collection, présentés comme des remèdes miracles en médecine traditionnelle, ou encore cuisinés en gastronomie.

Malheureusement, la demande mondiale ne cesse de croître et alimente un réseau clandestin d’approvisionnement présent sur tous les continents. Ce phénomène est amplifié par le rôle croissant du commerce en ligne: les réseaux sociaux, les plateformes de petites annonces et les places de marché numériques sont devenus des canaux de plus en plus populaires pour la vente d’espèces protégées ou d’animaux capturés illégalement.

Les réseaux sociaux amplifient considérablement cette tendance, car les vidéos et les images d’animaux « mignons » ou insolites deviennent rapidement virales sur le web, incitant d’autres personnes à désirer un nouvel animal de compagnie exotique à tout prix, simplement parce que c’est une tendance numérique.

Une des principales menaces pour la biodiversité mondiale

La littérature scientifique montre que le trafic d’espèces sauvages représente l’une des principales menaces pour la biodiversité mondiale. Si l’on ajoute les espèces végétales au trafic d’espèces animales, le phénomène devient encore plus répandu et préoccupant, comme le souligne le récent rapport de la branche italienne du WWF intitulé « Crimes contre la nature », publié le 3 mars 2026.

Le prélèvement massif d’animaux et de plantes dans les écosystèmes perturbe les chaînes alimentaires et peut compromettre des milieux entiers. Après la destruction des habitats, le commerce illégal est considéré comme la deuxième cause d’extinction des espèces.

Le trafic illégal d’animaux accroît également le risque de propagation des zoonoses, maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Souvent transportés dans des conditions précaires, les animaux sont importés illégalement sans aucun contrôle sanitaire. Ces dernières années, le lien entre commerce d’espèces sauvages et santé mondiale s’est imposé comme un enjeu majeur du débat scientifique.

Contenu externe

Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Services Tiers.

Accepter Plus d’info

Article original: Christian Bernasconi (RSI), rédacteur en chef de l’émission Le Jardin d’Albert

Adaptation française: Julien Furrer (RTS)