Le canton de Fribourg votera le 26 avril sur son avenir financier. Après la droite, la gauche a lancé mardi matin sa campagne. Socialistes, Vert-e-s et syndicats, qui ont lancé le référendum, s’opposent à la loi sur l’assainissement des finances de l’Etat. La campagne s’annonce musclée à quelques mois des élections cantonales.
Dans le canton de Fribourg, tandis que les élections communales ne sont pas encore tout à fait terminées, une nouvelle campagne débute déjà. Le 26 avril, la population fribourgeoise se prononcera sur la loi sur l’assainissement des finances cantonales (LAFE), combattue par un référendum de la gauche et des syndicats.
La loi, votée par le Grand Conseil l’automne dernier, prévoit plusieurs mesures pour économiser 320 millions de francs lors des trois prochaines années.
Frein des dépenses en question
Pour la majorité de droite du Conseil d’Etat et du Grand Conseil, il faut agir surtout sur les dépenses via toute une
série de mesures prises pour les freiner jusqu’en 2028, parmi lesquelles la non-indexation automatique des salaires des fonctionnaires, un décalage de six mois dans l’octroi des paliers pour le personnel de l’Etat ou encore une baisse
des subventions versés aux résidents en EMS pour leurs soins, mais aussi une diminution du soutien du canton au financement des transports publics régionaux.
Pour les partis bourgeois, ce coup de frein est nécessaire pour éviter des coupes plus drastiques à l’avenir. « La LAFE est une mesure de responsabilité pour stabiliser les finances publiques et préserver durablement les prestations dont
la population bénéficie », estime le comité du oui, composé de membres de l’UDC, du PLR et du Centre.
Un plan d’austérité malgré une démographie forte
Au contraire, la gauche, elle, dénonce un plan d’austérité qui va peser sur les services fournis à la population alors que Fribourg connaît l’une des démographies les plus fortes du pays. Les opposants entendent faire comprendre à la majorité de droite qu’il faut changer de cap et revenir sur des baisses fiscales accordées ces dernières années.
« Au lieu d’investir dans les services pour la population lors des périodes de vache « grasse », l’Etat a baissé les impôts des plus aisés et demande maintenant à la population de payer le prix des pots cassés », lance Grégoire Kubski, député socialiste et membre du comité référendaire.
Le sort de cette votation du 26 avril donnera le ton à moins de six mois des élections cantonales. En attendant, le canton de Fribourg fonctionne toujours sans budget cette année.
Mehdi Piccand/juma