Il y a des rôles qui marquent une carrière à jamais, et celui de John Rowland dans Desperate Housewives en fait incontestablement partie pour Jesse Metcalfe. Pendant toute la première saison de la série phénomène d’ABC, le comédien incarnait le séduisant jeune jardinier entretenant une liaison sulfureuse avec le personnage de Gabrielle Solis, joué par Eva Longoria. Une relation fictive qui avait enflammé les écrans et fait de Jesse Metcalfe l’un des sex-symbols les plus commentés du petit écran américain au milieu des années 2000.
Mais derrière ce succès apparent se cachait une réalité bien moins glamour : l’acteur, aujourd’hui âgé de 47 ans, vient de révéler dans le podcast Not Skinny But Not Fat qu’il avait tout simplement été renvoyé de la série à l’issue de cette première saison. Une confidence tardive, mais qui lève enfin le voile sur les coulisses d’un départ longtemps resté flou.
« Ce n’est pas Desperate House-gardeners », « l’amant » d’Eva Longoria congédié
Jesse Metcalfe ne tourne pas autour du pot : « J’ai été viré de Desperate Housewives », lâche-t-il sans détour. La raison invoquée par le créateur de la série, Marc Cherry, était à la fois simple et implacable.
Après le carton de la première saison et sa « liaison » avec le personnage interprété par Eva Longoria, les scénaristes ne voyaient tout bonnement pas comment faire évoluer le personnage du jardinier dans la durée. Marc Cherry aurait alors convoqué Jesse Metcalfe pour lui expliquer la situation avec une franchise désarmante : « Ce n’est pas Desperate House-gardeners. C’est Desperate Housewives. Donc malheureusement, tu ne seras pas un personnage régulier dans la suite de la série.. On va te faire revenir de temps en temps. »
Une douche froide, certes, mais que l’acteur dit avoir encaissé avec philosophie. Et pour cause : au même moment, Hollywood lui tendait la main. La 20th Century Fox lui proposait le rôle principal du film John Tucker Must Die, sorti en 2006. « Je me suis dit : ‘pas de problème, je vais devenir une star de cinéma’ », raconte-t-il avec le recul et l’autodérision de celui qui sait que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu. Jesse Metcalfe est bien revenu dans Desperate Housewives à plusieurs reprises par la suite, mais sans jamais retrouver la place centrale qui était la sienne lors de cette première saison.
Le sex-symbol sous pression, quand le torse nu devient un fardeau
Derrière l’image du beau gosse au corps sculpté se cachait pourtant une pression considérable, que Jesse Metcalfe avait déjà commencé à évoquer dans une interview accordée au magazine i-D de Vice en 2021. Être un sex-symbol à la télévision américaine ne s’improvise pas, et le prix à payer, physiquement et psychologiquement, est souvent sous-estimé. « Mon apparence était critiquée et décortiquée par beaucoup de gens dans les médias. Avoir la chemise enlevée à chaque épisode de Desperate Housewives créait énormément de pression », confiait-il alors.
L’acteur pointait du doigt une réalité que peu d’hommes osent reconnaître dans une industrie qui valorise avant tout la perfection physique : maintenir un corps d’athlète en permanence, y compris entre deux tournages, relève tout simplement de l’impossible. « Vous devez rester dans la meilleure forme possible, et ensuite entre les projets, tout le monde s’attend à ce que vous mainteniez cette forme 24h/24, 7j/7, 365 jours par an. Ce n’est pas réaliste », déplorait-il.
Une réflexion qui résonne d’autant plus aujourd’hui, à l’heure où la question de l’image corporelle imposée aux acteurs, hommes comme femmes, fait l’objet d’un débat croissant dans le milieu du cinéma et de la télévision.
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