La guerre au Moyen-Orient a des répercussions directes sur le tourisme suisse. Annulations de vols, détours aériens et baisse des déplacements internationaux pèsent sur la fréquentation, en particulier à Genève, où les hôtels enregistrent déjà un recul des réservations.
Ces derniers jours, de nombreux vols en provenance de villes comme Koweït, Tel-Aviv, Dubaï, Abou Dhabi ou Riyad ont été annulés.
A l’aéroport de Zurich, seul un quart des liaisons avec ces destinations est maintenu, soit environ trois vols quotidiens contre douze en temps normal.
A Genève, une centaine de vols ont été annulés depuis le début des hostilités le 28 février. Cela se traduit par une baisse d’environ 5% du nombre de passagers. En temps normal, quelque 3000 voyageurs en provenance de Dubaï atterrissent chaque semaine dans la Cité de Calvin.
L’Oberland bernois, région également prisée de la clientèle du Golfe, est aussi particulièrement exposée. Les remontées mécaniques du Titlis ont constaté « quelques annulations de la part de visiteurs du Proche-Orient et d’Inde ».
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Une clientèle stratégique en recul
Les hôteliers genevois sont très inquiets. « Déjà l’année passée, Genève était touchée par les coupes budgétaires dans les agences onusiennes. Maintenant, avec le conflit en Iran, ça fait deux segments de clientèle importants qui sont touchés », explique rapporte Adrien Genier, directeur de Genève Tourisme et Congrès, dans La Matinale de mercredi.
>> Son interview dans La Matinale :
L’impact de la guerre au Moyen-Orient sur le tourisme en Suisse: interview d’Adrien Genier / La Matinale / 7 min. / aujourd’hui à 07:00
La baisse de fréquentation concerne surtout les clients en provenance du Golfe, relève-t-il, mais aussi tous ceux qui transitent d’ordinaire par des hubs majeurs comme Dubaï ou Doha. Donc les voyageurs d’Asie du Sud-Est et d’Océanie sont également affectés par la guerre.
La suspension quasi-totale de l’activité des principales compagnies du Golfe restreint en effet drastiquement l’offre de vols, ce qui a également un impact sur les prix. La direction de la compagnie aérienne Swiss a ainsi récemment souligné s’attendre à une hausse des tarifs pour les vols vers l’Asie à court terme.
En 2025, les hôtes des Pays du Golfe ont généré 813’700 nuitées, une part de 1,9% du total, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Avec un montant de 400 francs de dépense moyenne par personne et par jour, ces visiteurs génèrent des retombées économiques largement supérieures à la moyenne, aux alentours de 187 francs par jour pour l’ensemble des voyageurs. Près d’un tiers d’entre eux séjournent dans des hôtels cinq étoiles, contre 8% pour l’ensemble des visiteurs.
Un impact attendu sur la saison estivale
Selon lui, les effets les plus marqués devraient se faire sentir cet été. Si le conflit se prolonge, une baisse de 8,5% des nuitées est attendue entre juin et août, avec des conséquences qui ne concernent pas uniquement l’hôtellerie. « C’est une clientèle qui dépense beaucoup dans les commerces, donc cela manquera à Genève », relève Adrien Genier.
De nombreuses réservations ont déjà été annulées, selon lui.
Miser sur d’autres marchés
Les vacances de Pâques seront déterminantes pour la saison estivale. « En général, on prépare ses prochaines vacances pendant ses congés », rappelle le directeur de Genève Tourisme. Il estime donc qu’il faut « réagir assez vite ».
Les premiers investissements se concentreront sur les marchés de proximité: la France, la Grande-Bretagne, la Suisse alémanique et l’Espagne
Adrien Genier, directeur de Genève Tourisme
La stratégie consiste à renforcer la promotion de Genève auprès de marchés historiques et qui ont le plus fort potentiel. « Les premiers investissements se concentreront sur les marchés de proximité: la France, la Grande-Bretagne, la Suisse alémanique et l’Espagne », précise-t-il.
Genève Tourisme entend également s’appuyer sur des partenariats avec les agences de voyage et les médias pour maintenir la visibilité de la destination.
Par ailleurs, de nouvelles liaisons aériennes pourraient être développées. « Nous travaillons avec Genève Aéroport pour ouvrir de nouvelles lignes », conclut Adrien Genier.
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Propos recueillis par: Valérie Hauert
Sujet radio: Stéphane Deleury
Article web: Julie Marty avec ats