Un mouvement de boycott massif touche ChatGPT depuis février 2026. En cause, notamment, un accord entre la société mère OpenAI et l’armée américaine. Décryptage dans Le Point J avec Laura Tocmacov, directrice de la fondation « ImpactIA », basée à Genève, qui promeut une intelligence artificielle responsable.

« Le mouvement « Quit GPT » est né début février. L’historien néerlandais Rutger Bregman a lancé cet appel au boycott. Il dénonce les liens financiers entre OpenAI et l’administration Trump », explique dans Le Point J Laura Tocmacov. Le mouvement prend de l’ampleur fin février, lorsque OpenAI signe un accord avec le Pentagone autorisant l’utilisation de ChatGPT pour des projets militaires.

Suite à cela, aux États-Unis, les désinstallations de l’application mobile auraient grimpé de 295% en une journée. OpenAI décide alors de rétropédaler, et son patron Sam Altman promet trois « lignes rouges » à ne pas franchir: « pas de surveillance de masse, pas d’armes autonomes, pas de décisions automatisées à enjeux élevés ».

Ces accords ne sont pas publics. Il faut donc se baser sur la bonne foi d’Altman, de Trump et du Pentagone – ce qui soulève quelques questions

Laura Tocmacov, directrice de la fondation « ImpactIA », basée à Genève, qui promeut une intelligence artificielle responsable.

« La réalité, c’est qu’en donnant nos données à ces modèles, on leur permet d’être de plus en plus performants, et donc de plus en plus intrusifs dans la vie des gens », souligne Laura Tocmacov. « Et, selon qui est derrière ces modèles, cela signifie, d’une certaine manière, que vous participez à certaines orientations, notamment à la politique de Trump. »

Des alternatives éthiques émergent, comme le modèle suisse Apertus, développé par les Ecoles polytechniques fédérales, ou encore Euria de la société genevoise Infomaniak, conçue sans exploitation commerciale des données. De son côté, le concurrent direct d’OpenAI, Anthropic, développeur de l’agent Claude, s’est retiré d’un accord similaire avec le Pentagone, qui demandait une utilisation sans restriction du modèle.

l’IA Claude est-elle vraiment plus éthique? Quels autres facteurs ont alimenté le boycott de ChatGPT?

>> Ecouter l’épisode : Pourquoi tant de personnes quittent ChatGPT ? / Le Point J / 15 min. / aujourd’hui à 17:00

Juliane Roncoroni et l’équipe du Point J