Que reste-t-il de la magie du voyage ? À voir les files d’attentes dans les aéroports modernes, la réponse n’a rien d’évident. Chaque parcours semble parfaitement standardisé, du choix des sièges à la taille des écrans, jusqu’aux couverts glacés et aux films d’action que l’on sélectionne souvent sans réelle volonté, presque par mimétisme en jetant un œil indiscret vers la cabine du voisin.

C’est pourtant à cette question qu’Air France tente de répondre avec une exposition éphémère intitulée « Air France, s’envoler en toute élégance », présentée les 19 et 20 mars à Tokyo, dans le quartier d’Harajuku, réputé d’ordinaire pour ses galeries d’art et l’excentricité de sa jeunesse. Le Japon : l’un des derniers pays où l’art de vivre à la française continue d’être observé, analysé, et où Air France entretient un lien constant avec 21 vols par semaine reliant Paris à des villes comme Osaka et Tokyo.

Dans le détail, l’exposition s’organise en cinq modules, le nombre exact de hublots dans une cabine de la nouvelle classe Première ultrachic lancée l’an dernier. Chaque espace raconte un morceau d’histoire de la compagnie : l’un est consacré au regretté Concorde, dont on redécouvre la cabine imaginée dans les années 1990 par Andrée Putman, avec ses lignes sobres et ses matières claires ; un autre met en scène l’évolution des arts de la table à bord ; un troisième, plus fascinant encore, rappelle comment comment les tenues du personnel navigant ont évolué, des premières silhouettes dessinées en 1946 par Georgette Renal privilégiant la solidité et le confort (tailleur bleu pétrole, chemisier en popeline) aux uniformes plus mode bleu marine rehaussé de rouge signés Christian Lacroix, en passant par les new look sixties de Christian Dior et les lignes plus construites de Cristobal Balenciaga