De vrais contorsionnistes. Une équipe de scientifiques japonais a mis en évidence le rôle clé d’une région remarquablement flexible de la colonne vertébrale des chats dans leur capacité à atterrir (presque) toujours sur leurs pattes.

Super-pouvoir

Si un chat est tenu la tête en bas et lâché, il se contorsionne rapidement dans les airs et retombe élégamment sur ses quatre membres. Depuis près d’un siècle, plusieurs théories ont été avancées pour expliquer ce « super-pouvoir ». Notamment le balancement de la queue dans le sens opposé à la rotation du corps, toutefois questionnée par des expériences impliquant des félidés dépourvus de cet appendice.

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On a aussi proposé que le chat plie son corps presque à angle droit, puis tourne ses sections avant et arrière dans des directions opposées, permettant ainsi à ses membres de s’orienter correctement avant réception.

Enfin, certains chercheurs ont évoqué la possibilité d’un mouvement de repli et de rotation, avec au départ des pattes postérieures étendues et antérieures repliées et une torsion de la partie avant du corps, puis le scénario opposé avant que l’animal ne touche le sol.

An exceptionally flexible region of the spine enables falling cats to twist the front and back halves of their body sequentially to ensure a safe landing https://t.co/Gm8dpldpcb

— New Scientist (@newscientist) March 4, 2026

Actuellement, les scientifiques privilégient les deux dernières, qui ne s’excluent pas nécessairement. « Les chats sont des créatures complexes qui effectuent des mouvements complexes », rappelle Greg Gbur, chercheur à l’université de Caroline du Nord et auteur de l’ouvrage Falling Felines and Fundamental Physics.

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De nouveaux éléments

Afin d’en savoir plus, Yasuo Higurashi, de l’université Yamaguchi, et ses collègues ont examiné des colonnes vertébrales d’animaux décédés afin de déterminer dans quelle mesure deux sections clés (milieu et bas du dos) pouvaient pivoter sans se briser. Il s’est avéré que la colonne thoracique présentait une amplitude environ trois fois supérieure à celle de la colonne lombaire.

L’utilisation de caméras à haute vitesse a ensuite permis de décortiquer les contorsions de deux chats adultes lâchés d’une hauteur d’un mètre. Dans les deux cas, la rotation de la partie avant du corps des félidés s’est révélée plus courte de quelques dizaines de millisecondes. « Il semble vraiment que cette partie s’oriente correctement en premier », commente Gbur.

Au cours de ces expériences, les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue The Anatomical Record, ont également constaté que le premier cobaye pivotait systématiquement vers la droite lors de sa chute, et le second six fois sur huit. Ce qui pourrait s’expliquer par la disposition asymétrique de leurs organes internes.

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L’an passé, des chercheurs avaient percé le mystère des chats roux.