Dans ce podcast Futura Santé vous parle de cette maladie qui peut avoir de très graves conséquences. © Futura
Les infections invasives à méningocoque (IIM) sont des maladies bactériennes graves, causées par Neisseria meningitidis (ou méningocoque). Elles se manifestent principalement sous forme de méningite ou de septicémie, et peuvent entraîner le décès dans 10 à 12 % des cas, ainsi que des séquelles permanentes (amputations, surdité, troubles cognitifs) chez 20 à 40 % des survivants.
Une bactérie sous surveillance
Le méningocoque est une bactérie exclusivement humaine, transmise par les sécrétions rhino-pharyngées (toux, éternuements) lors de contacts étroits. Bien que 5 à 10 % de la population soient porteurs asymptomatiques, la bactérie peut, dans de rares cas, provoquer des infections invasives, notamment chez les enfants et adolescents.

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Douze sérogroupes ont été identifiés, dont les plus fréquents sont A, B, C, W et Y. Les pics d’infections coïncident souvent avec les épidémies de grippe en hiver.
Évolution épidémiologique : une recrudescence post-Covid
Le nombre de cas de méningite à méningocoque est en augmentation depuis la période de la Covid-19, durant laquelle celui-ci avait chuté à 219 cas en 2020 et 120 en 2021 en raison des mesures barrières. Depuis, une reprise est observée avec 323 cas en 2022 et 560 en 2023, 615 en 2024 ; les mois de janvier et février 2025 ont présenté une incidence particulièrement élevée avec 95 et 89 cas recensés.
En 2023, les sérogroupes les plus fréquents étaient :
B (44 % des cas)W (29 %, en hausse de 2,5 fois par rapport à 2022)Y (24 %, en hausse de 1,7 fois par rapport à 2022)Le sérogroupe W est le plus virulent, avec un taux de mortalité de 19 %, contre 7 % pour le B et 8 % pour le Y.

Les cas d’infections invasives à méningocoque explosent en Angleterre. Les sérogroupes W et Y, responsables de formes graves, dominent cette vague. Les experts soulignent l’urgence de vacciner les populations à risque. © pixelaway, Shutterstock.com© pixelaway, Shutterstock
Au départ, des symptômes bénins…
Bien que le portage soit généralement asymptomatique, Neisseria meningitidis est un agent majeur d’infections invasives communautaires, qui peut entraîner le décès dans 8 à 10 % des cas. Ces infections, qui constituent des urgences vitales, touchent principalement les enfants et les adolescents.
Dans la plupart des cas, une infection à méningocoque reste bénigne, provoquant des infections respiratoires ou ORL telles que l’angine, l’otite ou la sinusite, ainsi que des panaris. Toutefois, dans de rares cas, les bactéries peuvent pénétrer dans le sang et franchir la barrière hémato-méningée pour infecter le liquide céphalo-rachidien, entraînant un œdème et une inflammation des méninges, les membranes enveloppant le cerveau et la moelle épinière.

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La méningite se manifeste par un syndrome associant des maux de tête violents, des vomissements, une raideur de la nuque, ainsi que des douleurs musculaires et articulaires. L’état général peut rapidement se détériorer. D’autres formes cliniques, plus graves, peuvent survenir, notamment le purpura fulminans, caractérisé par l’apparition de taches rouges ou violacées sur la peau et un risque d’évolution rapide vers une défaillance circulatoire (incapacité du système cardiovasculaire à irriguer les organes). Des troubles de la conscience ou un syndrome confusionnel peuvent également apparaître, parfois associés à des signes abdominaux aigus.
À noter que le purpura fulminans est une urgence absolue nécessitant une prise en charge immédiate.
D’autres formes invasives, souvent moins sévères, sont également observées, comme des arthrites (infections des articulations), des péricardites (inflammations du péricarde, la membrane entourant le cœur), des endophtalmies (infections de l’intérieur de l’œil) ou des pneumonies. Le diagnostic de ces formes atypiques est confirmé par la mise en évidence de la bactérie dans le sang (bactériémie).
En cas de symptômes, consultez en urgence un médecin ou appelez le 15.
Une stratégie de vaccination renforcée
Les IIM restent une urgence médicale et un défi de santé publique. La vaccination, combinée à une vigilance accrue face aux symptômes, est essentielle pour réduire leur impact. L’objectif est d’atteindre une couverture vaccinale élevée pour une protection collective.
Chez les nourrissons et jeunes enfants
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les sérogroupes ACWY et B est obligatoire pour les nourrissons, avec un schéma précis :
Sérogroupe B : 1 dose à 3 mois, 2e dose à 5 mois, rappel à 12 mois.
Rattrapage : jusqu’à 5 ans pour le B, et jusqu’à 3 ans pour les ACWY.
Chez les adolescents et jeunes adultes (15-24 ans)
Cette tranche d’âge, deuxième plus à risque après les nourrissons, bénéficie d’une campagne de vaccination ACWY sur 2 ans, avec un rattrapage pour les non-vaccinés. La vaccination contre le sérogroupe B est également recommandée, bien que sa protection soit de courte durée (3-5 ans) et nécessite deux injections.