«Pour empêcher le transfert de renforts et d’équipements de combat, l’armée […] a l’intention de frapper les points de passage sur le fleuve Litani.» Quelques heures après cet avertissement publié mercredi sur X par le porte-parole de l’armée israélienne, les frappes ont commencé. Deux ponts ont été détruits, s’ajoutant à plusieurs autres déjà ciblés les jours précédents, coupant des axes clés et isolant encore un peu plus le sud du Liban du reste du pays.
Depuis l’«opération Litani», lancée par Israël en 1978, le fleuve s’est imposé comme une ligne de démarcation stratégique dans le sud du Liban. Long d’environ 170 kilomètres, il prend sa source dans la Beqaa, qu’il traverse du nord au sud avant de bifurquer vers l’ouest et de se jeter dans la Méditerranée, au nord de Tyr. Niché au fond d’une vallée aux gorges escarpées, le Litani constitue une frontière naturelle. Près d’un demi-siècle plus tard, il redevient un point de bascule. En frappant la majorité des ponts qui le traversent, l’armée israélienne cherche à isoler les zones de combat et à perturber les déplacements, civils comme militaires.