Le débat sur le financement de la 13e rente AVS, au Conseil des Etats ce jeudi, n’a pas ressemblé à une simple discussion technique, comme on aurait pu le craindre. Derrière les décimales de TVA et les fractions de cotisations salariales, c’est une certaine vision de la solidarité qui s’est affrontée, avec émotion par moments.

Dès le début, le sénateur Pierre-Yves Maillard a donné le ton. Le socialiste vaudois a sorti de sa poche une lettre manuscrite de son arrière-grand-mère: «C’est avec peine que je viens vous demander l’aumône», y écrivait-elle en 1951, contrainte de solliciter ses enfants pour compléter une rente AVS insuffisante. L’hémicycle, soudain, a quitté les tableaux Excel pour une réalité plus brute. «Voilà comment vivaient nos anciens», a insisté Pierre-Yves Maillard.