L’écrivain français Michel Houellebecq était l’invité de la RTS jeudi. Il a salué la démocratie directe suisse, seule « vraie démocratie » selon lui. L’auteur de « Soumission » refuse de considérer la liberté et la démocratie comme des valeurs universelles et estime que l’Occident « paraît mal parti ».

Michel Houellebecq ne mâche pas ses mots sur la démocratie française. « Je ne pense pas que je vis en démocratie. Je suis désolé », affirme l’écrivain dans le 19h30 de la RTS. « Les partis ne représentent pas les électeurs », constate l’écrivain. Sa conclusion est sans appel: « Il faut vraiment donner la parole aux gens. »

En ce sens, à ses yeux, la Suisse incarne le modèle à suivre. « La seule vraie démocratie pour moi est la démocratie directe », déclare-t-il. L’auteur salue le système helvétique qui permet aux citoyens de voter régulièrement sur des enjeux concrets.

« L’Occident paraît mal parti »

Michel Houellebecq parle beaucoup d’Occident dans ses poèmes. Le titre de son nouveau disque avec Frédéric Lo, « Souvenez-vous de l’homme », évoque cette thématique.

>> Voir le sujet du 19h30 : L'écrivain Michel Houellebecq sort un album avec le musicien Frédéric Lo L’écrivain Michel Houellebecq sort un album avec le musicien Frédéric Lo / 19h30 / 1 min. / aujourd’hui à 19:30

Les guerres et les menaces actuelles montrent un Occident affaibli. « L’Occident paraît mal parti, effectivement », reconnaît l’écrivain.

Mais l’Extrême-Orient n’est pas mieux loti selon lui. Des pays comme la Corée du Sud et le Japon souffrent d’une démographie très faible. « À long terme, ça vous tue à coup sûr, une démographie trop faible », analyse-t-il.

Refus de l’universalisme occidental

La liberté individuelle et la démocratie sont-elles des valeurs universelles? Michel Houellebecq refuse cette idée. « Je ne suis pas prêt à affirmer qu’elles sont universelles et que tout le monde doit les adopter », déclare-t-il.

Cette position lui paraît une question de respect. « Ça me semble quand même présomptueux », ajoute l’auteur. Pour lui, il existe peu de valeurs universelles. Et ce ne sont ni la liberté ni la démocratie.

Propos recueillis par Philippe Revaz

Adaptation web: Victorien Kissling