Alors que les échanges sont au ralenti au Moyen-Orient depuis le début de l’opération militaire américano-israélienne en Iran, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a dévoilé ce jeudi ses prévisions de croissance du commerce mondial. Et, quelle que soit la durée de ce conflit, les échanges devraient ralentir par rapport à l’année dernière.
L’organisation internationale anticipe en effet une normalisation du commerce de marchandises, après une année 2025 marquée par une poussée des échanges de produits liés à l’intelligence artificielle (IA) et une anticipation des importations afin d’éviter de nouveaux droits de douane. Le volume du commerce mondial des marchandises devrait ainsi ralentir, passant de 4,6 % en 2025 à 1,9 % cette année, avant de repartir à la hausse dès 2027, à 2,6 %. Quant au volume des services, il devrait croître de 4,8 % en 2026 et de 5,1 % en 2027, après 5,3 % en 2025.
L’OMC présage aussi une baisse de la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial, tombant de 2,9 % en 2025 à 2,8 % en 2026 et 2027.
« Ces prévisions de base sont mises à mal par le conflit au Moyen-Orient », a toutefois averti la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala. « La hausse durable des prix de l’énergie pourrait accroître les risques pesant sur le commerce mondial, avec des répercussions potentielles sur la sécurité alimentaire et des pressions sur les coûts pour les consommateurs et les entreprises », a-t-elle ajouté.
Une incertitude illustrée dans un second scénario. Si les prix du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) devaient rester élevés tout le reste de l’année, la prévision de croissance du PIB mondial « serait amputée de 0,3 point de pourcentage » par rapport aux prévisions de base, soit une croissance de 2,5 %.
Cela aurait pour conséquence une baisse de 0,5 point de pourcentage de la prévision de base des échanges commerciaux, qui se limiterait alors à une croissance de 1,4 %. Le commerce des services connaîtrait, lui aussi, une croissance plus modérée de 4,1 %.
Rien n’est toutefois gravé dans le marbre. « Les membres de l’OMC peuvent contribuer à atténuer l’impact » de la guerre « et à alléger le fardeau économique pesant sur les populations du monde entier en maintenant des politiques commerciales prévisibles et en renforçant la résilience des chaînes d’approvisionnement », assure la directrice générale de l’organisation.
Les économistes de l’OMC estiment même qu’il est possible que la croissance des marchandises soit plus forte que prévue, si la guerre au Moyen-Orient est de courte durée et si les échanges commerciaux liés à l’IA restent à des niveaux importants en 2026 et 2027. Dans ce cas, ils pourraient atteindre une croissance de 2,4 % dès cette année et de 2,7 % en 2027.