L’Ecole hôtelière de Lausanne lance un nouveau programme de formation en deux ans dédié à l’art culinaire et au management de la restauration. Ce cursus vise à combler le manque de personnel dans le secteur et à donner aux jeunes professionnels les outils pour devenir chef de cuisine, maître d’hôtel ou créer leur propre établissement.
L’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), première école hôtelière au monde et l’une des plus réputées, lance officiellement un nouveau programme de formation: un Associate Degree en art culinaire international et management de la restauration. Patrick Ogheard, responsable du département des arts pratiques de l’institution, explique vendredi en exclusivité dans La Matinale que cette initiative répond à trois problématiques majeures du secteur.
« C’est une idée qui est née pour répondre à trois problématiques. La première, c’est aider l’industrie, parce que c’est vrai que c’est très compliqué de trouver du personnel », expose-t-il. Le programme vise également à attirer les jeunes vers ces métiers et à « leur faire briller les yeux ». Enfin, il s’agit de leur donner « les outils pour être chef de cuisine, maître d’hôtel ou pour créer leur propre business ».
Une formation complète au-delà de la cuisine
Contrairement aux nombreuses écoles de cuisine existantes, ce cursus se distingue par son approche globale. Patrick Ogheard souligne qu’actuellement, « moins de 20% des étudiants finissent en cuisine » après une formation culinaire classique. Le problème? Ces formations se concentrent uniquement sur les techniques culinaires, sans préparer aux réalités du métier.
« Ils savent faire les meilleures sauces, cuire les meilleurs morceaux de viande. Mais malgré tout, à la fin, ils veulent prendre une nouvelle voie, parce qu’ils n’ont pas les outils pour », constate-t-il. Le nouveau programme proposera donc une découverte plus complète de ces professions: « toutes les facettes du métier, aussi bien chef de cuisine que maître d’hôtel, barista, mixologue, boulanger, pâtissier », seront transmises, mais également la finance, le marketing, la communication et la gestion humaine, la gestion client, « de manière à ce qu’ils soient prêts à pouvoir ouvrir leur propre restaurant ».
Combler le fossé entre apprentissage et direction
Cette formation vient se positionner entre le CFC et le brevet fédéral, qui se pratique en cours d’emploi. Or, selon Patrick Ogheard, « l’écart entre être commis et chef de cuisine est énorme ». Le problème? Un apprenti qui termine son CFC n’a pas encore les compétences nécessaires pour diriger un établissement, alors que le brevet fédéral s’adresse à des professionnels déjà en poste.
« Maintenant, pour gérer un restaurant, il faut avoir une multitude de connaissances et de compétences », souligne-t-il. C’est précisément ce vide que le nouveau programme entend combler.
Le cursus, qui s’adresse aux jeunes titulaires d’une maturité ou d’un baccalauréat, vise tout type de projet. « Pour moi, il n’y a pas de petits et de grands restaurants. Il y a des bons et des mauvais », précise le responsable.
La formation coûtera 69’000 francs suisses pour deux ans. Un tarif justifié, selon Patrick Ogheard: « On a des infrastructures incroyables, des Meilleurs ouvriers de France, des personnes au bénéfice de doctorats » dans l’encadrement, plaide le responsable, qui met également en avant l’accompagnement personnalisé dans des classes aux effectifs limités. La première cohorte accueillera 20 étudiants, avant de passer à deux promotions annuelles de 40 étudiants maximum.
Propos recueillis par Delphine Gendre
Adaptation web: ther