Une étude menée par des chercheurs de l’université de Genève montre qu’une zone spécifique de notre cerveau réagit à la voix des chimpanzés, nos plus proches cousins. L’équipe a présenté à 23 participants (13 hommes, 10 femmes) des vocalisations  provenant de quatre espèces : des chimpanzés, des bonobos, des macaques et des humains. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, les scientifiques ont analysé l’activité du cortex auditif des humains, la région du cerveau chargée de traiter les signaux sonores. Résultat : le gyrus temporal supérieur antérieur, une zone impliquée dans le traitement des sons – en particulier du langage humain –, s’active en réaction aux sons produits par les chimpanzés, mais pas des bonobos ni des macaques.

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Cette région de notre cerveau pourrait donc avoir conservé une sensibilité aux sons qu’émettait notre lointain ancêtre commun avec les chimpanzés. À l’inverse, les bonobos, qui se sont différenciés des chimpanzés durant les deux derniers millions d’années, ne stimuleraient plus ces régions car leurs vocalisations ont évolué au point de moins ressembler à la voix de cet ancêtre lointain. Les scientifiques doivent désormais mener de plus amples études en incluant d’autres sons produits par des grands singes, tels les gorilles ou les orangs-outans. Qui sait si on ne découvrira pas ainsi, en recoupant les capacités de traitement vocal des humains et d’autres grands singes, les origines du langage articulé ? 

Notre cerveau est sensible aux cris des chimpanzés

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