ENTRETIEN – La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé consacre une splendide exposition au réalisateur de La Guerre du feu, de L’Ours et de L’Amant. Visite en compagnie d’un cinéaste de 82 ans aussi disert qu’érudit.
L’affiche de La Guerre du feu (1981) et la maquette de l’abbaye du Nom de la rose (1986) trônent dans l’entrée de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, à Paris. Jean-Jacques Annaud, tignasse blanche bouclée, lunettes à montures transparentes, est là, en pleine discussion avec la directrice. À 82 ans, le réalisateur se porte comme un charme. Intarissable, réjoui, il arpente les lieux comme un lion en terrain connu. Chaque fois qu’il pose les yeux sur un décor, qu’il remarque des photos inédites ou reconnaît un objet utilisé sur ses tournages, le cinéaste se remémore une anecdote. Un rêve de cinéphile…
LE FIGARO. – Qu’est-ce qui vous a plu dans « Le Nom de la rose », d’Umberto Eco ?
JEAN-JACQUES ANNAUD. – J’ai toujours été fasciné par les livres. J’ai même visité la Morgan Library de New York pour admirer la plus grande collection de manuscrits enluminés du monde. La copie d’un manuscrit de ce type est d’ailleurs exposée ici. On disait que le roman d’Umberto Eco était inadaptable au cinéma. C’est sans doute cela qui m’a aiguillonné. Et puis, j’ai toujours eu une étrange passion pour le Moyen Âge et les lieux de culte. C’est pour cela que j’ai une telle admiration pour Notre-Dame de Paris et que je lui ai consacré un film, Notre-Dame brûle, après l’incendie de 2019. Pourtant, je suis complètement incroyant. Mais je respecte la foi des autres.
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